Lettre d’un Africain-africain à un Africain-américain, lettre ouverte au Président Barack H. OBAMA.

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LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT BARACK H. OBAMA

Lettre d’un Africain-africain à un Africain-américain

Monsieur le Président Barack Hussein OBAMA, je suis Francis SECK MANGOUANI, illustre inconnu et, militant panafricain. Je me permets de vous écrire, en toute humilité, cette lettre parce que, si moi-même je ne me fais pas d’illusion quant au sort de l’Afrique, je ne veux pas que mes enfants perdent l’espoir de voir la libération de l’Afrique.

Monsieur le Président, vous avez 49 ans, j’en ai 42. Nous aurions pu être voisins dans le même quartier à Brazzaville ou à Kogelo. Nous aurions pu avoir fréquenté en même temps, l’école primaire. Nous aurions pu nous retrouver dans les mêmes amphithéâtres à l’université. Mais, vous êtes né, Africain-américain, je suis né Africain-africain. Nous avons eu des destins différents. Et votre destin, Monsieur le Président, est dans la lignée de ces africains qui font notre fierté et, dans la lignée des grands hommes qui ont marqué l’histoire de l’humanité.

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 Pour l’Africain-africain que je suis, j’ai une reconnaissance non mesurable vis-à-vis des Africains-américains. Après avoir été arraché à leur mère patrie, l’Afrique, ils n’ont eu de cesse de se battre pour leur libération, notre libération.

Ce combat mené par les illustres Africains-américains comme Anténor FIRMIN, Rosa PARKS, W.E.B DU BOIS, M.L. KING, Malcolm X, Georges PADMORE, Henry Sylvester WILLIAMS, était le prélude aux combats  de libération des africains-Africains, mené par Kwame NKRUMAH, Cheikh Anta DIOP, Jomo KENYATTA, Emery Patrice LUMUMBA, Abel GOUMBA, etc…

Leur apport aura été de donner aux Africains les armes de défenses contre l’oppresseur qui a utilisé tous les moyens pour nous anéantir, mentalement, psychologiquement, physiquement  et matériellement. Il nous a dit qui nous étions et ce que nous avions à faire sur terre. Il a décidé pour nous, décidé de notre place et décidé de notre rôle.

Georg W. F. HEGEL écrivait, dans La raison dans l’Histoire ceci : « L’Afrique est un monde anhistorique non-développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle. »

David HUME disait ceci : « Je suis disposé à croire que les Noirs sont inférieurs par nature aux blancs. Il s’est rarement rencontré, soit une nation civilisée parmi les hommes de cette race, soit même un individu éminent, dans l’action ou dans la spéculation. Une différence aussi uniforme, aussi constante entre les Blancs et les Nègres, n’aurait pas pu se maintenir à travers les pays et les âges, si la nature n’avait établi une distinction originelle entre ces deux races d’hommes »

Adolf HITLER écrivait, dans Mein Kampf ceci : « Tout ce que nous avons aujourd’hui devant nous de civilisation humaine, de produits de l’art, de la science et de la technique est presque exclusivement le fruit de l’activité créatrice des Aryens. Ce fait permet de conclure par réciproque, et non sans raison, qu’ils ont été seuls les fondateurs d’humanité supérieure »

GOBINEAU écrivait, dans son Essai sur l’inégalité des races, ceci : « La variété mélanienne est la plus humble et gît au bas de l’échelle. Le caractère d’animalité emprunt dans la forme de son bassin lui impose sa destinée, dès l’instant de la conception. Elle ne sortira jamais du cercle intellectuel le plus restreint. Ce n’est cependant pas une brute pure et simple, que ce nègre à front étroit et fuyant, qui porte, dans la partie moyenne de son crane, les indices de certaines énergies grossièrement puissantes. Si ces facultés pensantes sont médiocres ou mêmes nulles, il possède dans le désir, et par suite dans la volonté, une intensité souvent terrible. Plusieurs de ses sens sont développés avec une vigueur inconnue aux deux autres races : le goût et l’odorat principalement. Mais là précisément, dans l’avidité même de ses sensations, se trouve le cachet frappant de son infériorité ».

Cette idée de marginaliser, infantiliser et dénigrer l’Afrique a été remis au goût du jour par le président français, Nicolas SARKOZY dans son dénie d’histoire prononcé à Dakar en  juillet 2007, disant je cite « le problème principal de l’Afrique venait de ce que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. (…) Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. (…) Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès ».

Bien qu’étant une pensée dominante, certains esprits éclairés ont pu noter, à l’instar de Madame Ségolène ROYAL je cite : « Car vous aussi, vous avez fait l’histoire, vous l’avez faite bien avant la colonisation, vous l’avez faite pendant, et vous la faites depuis… ». Mademoiselle Rama YADE a ajouté, je cite : « L’Homme Noir est le Premier à être entré dans l’Histoire ». Ce fut également la réplique du Président Jacques CHIRAC à Monsieur SARKOZY.

Mais, Monsieur le Président, comme le disait Cheikh Anta DIOP dans Antériorité des Civilisations Nègres, Mythe ou Vérité Historique, je cite « N’oublions pas que les Africains qui accèdent à l’érudition scientifique et qui sont en mesure d’apprécier la valeur d’un document sans le secours d’une autorité auront leur mot à dire et qu’il ne sera pas possible de conditionner leur jugement, bien que certains cherchent désespérément à réaliser cette besogne ».

Monsieur le Président, des illustres fils et filles d’Afrique ont tracé le chemin. Sur ce chemin, vous y avez pris votre relais et, à mes yeux, vous y avez pris la place la plus éminente parce que je considère votre accession à la Maison Blanche comme l’aboutissement d’un combat, long et dure, de plusieurs siècles, combat de l’émancipation de l’homme noir.

  francis.jpgMais, cette place, aussi prestigieuse soit elle, devrait vous obliger à faire de l’Afrique, « votre problème ». Vous êtes né au même moment que les Etats africains accédaient aux indépendances. Vous arrivez au pouvoir pratiquement au moment où ces Etats fêtent leur cinquantenaire d’indépendances. C’est un destin unique mais qui vous oblige à prendre position, à la hauteur des enjeux.

En Afrique du Sud, Nelson R. MANDELA a réussi à arracher la liberté, avec ses compagnons de l’ANC, pour le peuple Sud Africain et à réconcilier la nation Sud Africaine. Mais, la liste des pays africains à peu près indépendants s’arrête là. Partout sur la mère patrie, l’Occident, y compris votre pays, continue à soutenir les dictateurs et autocrates en échanges de la mise à disposition par eux, des ressources de la Nation Africaine, au profit des pays Occidentaux et au détriment des peuples Noirs. Dans le même temps, tous les leaders panafricains et nationalistes sont physiquement éliminés, souvent de manière violente.

Que reste t-il aux enfants Africains-africains quand les Africains-américains auront fini d’aider les Occidentaux à détruire l’Afrique ? Qu’allons nous répondre à Sasha et Malia Ann quand elles nous poserons la question de savoir pourquoi nous avons laissé faire alors que nous savions ?

La Côte d’Ivoire, le Congo, le Rwanda, le Togo, l’Angola, la Mauritanie, la Guinée et j’en passe, sont autant de territoires où la terre brule du feu des armes vendu par l’Occident pour la défense de leurs intérêts et au détriment des peuples. Les panafricains que nous sommes, pointons la responsabilité sur les dirigeants coupables de n’avoir, soit rien fait, soit contribuer à armer les mains des dictateurs et autocrates africains contre leur peuple. Cette lettre est aussi une interpellation pour vous dire de cesser et faire cesser toute aide aux dictateurs et autocrates africains. Le bien-être de quelques millions d’Occidentaux ne vaut pas la vie du milliard d’Africains-africains.

Monsieur le Président, en devenant le 44ème Président des Etats-Unis d’Amérique, vous avez donné corps au rêve du révérend Martin Luther KING, vous avez donné satisfaction à Rosa PARKS en prenant la place qui vous revenait en tant que citoyen américain.

Vous avez donné espoir à tous les Africains-africains qui ont perdu l’espoir, en 1963, de voir concrétiser sur la terre d’Afrique, le rêve de Martin Luther KING, le combat de Malcolm X, de Marcus GARVEY, de Georges PADMORE, de Sylvester WILLIAMS, de W.E.B DU BOIS, le Panafricanisme, l’Unité politique et culturelle des Africains.

Cet espoir, né dans la diaspora africaine, ramené en Afrique par ses enfants, jadis déportés, nourri de la volonté de ses fils nés sur le continent, cet espoir, tué par ses propres fils qui ont échangé l’idéal d’Unité jadis réalisé par NARMER, contre de basses besoins matériels pour la satisfaction de leurs intérêts égoïstes, se faisant complices des grandes puissances.

Monsieur le Président, vous êtes aujourd’hui à la tête d’une de ces grandes puissances. Ce n’est pas par hasard que vous y êtes arrivés. Votre victoire est un aboutissement de toutes les luttes menées par vos illustres précurseurs. Vous avez compris et vous avez pris la mesure de votre rôle historique. C’est à vous d’accepter de jouer ce rôle. Votre triomphe marque l’aboutissement du combat d’émancipation de l’homme noir. Mais, ce n’est pas encore l’aboutissement de la libération du peuple noir.

L’environnement dans lequel vous évoluez est un environnement hostile car, nos ennemis ne nous font pas de cadeau et, ils n’ont aucune raison de le faire. C’est donc par la lutte que nous devons arracher la libération du peuple noir.

Monsieur le Président, les Africains-africains sont encore dans une forme d’esclavage orchestré par les grandes puissances occidentales dont le pays que vous dirigez. Vous avez le choix entre la défense des intérêts capitalistiques de votre pays et, la défense des intérêts de survie de votre peuple. C’est donc un rôle historique que vous avez à jouer. L’espoir de tout ce peuple repose sur votre courage à engager, avec les moyens que vous avez, le processus de libération du peuple noir partout où il se trouve oppressé.

Monsieur le Président, le 25 janvier de cette année 2011 si prometteur pour la liberté des peuples partout dans le monde, vous avez, dans votre discours sur l’état de l’union, prononcé ces mots « Nous avons vu ce même désir de liberté en Tunisie, où la volonté du peuple s’est révélée plus puissante que les décrets d’un dictateur. Et ce soir, disons-le clairement : les États-Unis d’Amérique sont solidaires des Tunisiens, et soutiennent les aspirations démocratiques de tous les peuples. »

Cette lettre est un appel vers vous à saisir l’occasion de contribuer à l’œuvre historique de libération du peuple africain menée depuis les razzias, les champs de canne à sucre, le code noir, les ségrégations raciales, la colonisation, le pillage organisé de l’Afrique, l’apartheid, la néo colonisation et, l’assassinat des indépendances à travers les politiques criminelles du FMI et de la banque Mondiale. Et si jamais vous ne vous sentez pas en mesure de mettre fin à l’entreprise d’élimination du peuple africain où qu’il se trouve, si vous avez perdu l’espoir de libération amorcé par vos illustres prédécesseurs, vous n’avez pas le droit de faire perdre espoir à la jeunesse partout dans le monde et particulièrement en Afrique, qui voit en vous, à juste titre, l’aboutissement de ce combat de libération.

Francis SECK, Africain-africain.

Militant Panafricain, Membre de la LPC-Umoja

 

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