Archive pour mars, 2012

Livre: est sorti chez L’Harmattan : «L’Autocritique du M22» de Diawara, Ikoko, Bakekolo et Olouka

Livre: est sorti chez L’Harmattan : «L’Autocritique du M22» de Diawara, Ikoko, Bakekolo et Olouka (*)

PDF Imprimer
A la suite de l’échec du putsch du 22 février 1972, conduit par l’aile gauche du P.c.t (Parti congolais du travail), incarnée par le groupe1 et dirigée par Ange Diawara-Farimaka, une poignée de révolutionnaires rescapés de la répression se replie dans la campagne. Mais auparavant, refugiés chez un coopérant français, à Moungali, les officiers Ange Diawara-Farimaka, Jean Baptiste Ikoko, et les sous-officiers Jean Claude Bakekolo et  Pierre Olouka se penchent sur le passé de la Révolution congolaise. Leurs débats aboutissent à l’élaboration d’un document politique d’importance : «Autocritique M22». C’est Mme Jeanne Atondi  qui en emporte le manuscrit en France. Cependant au Congo, il est diffusé dans les formes les plus sommaires chez les lycéens, étudiants militaires et ouvriers. En France, il est rendu sous forme de brochure par des coopérants français solidaires des luttes du  peuple congolais, dont le Groupe information Congo (le G.i.c). D’autres militants de gauche dont les Trotskystes en font une large diffusion. Ce document demeuré clandestin, apparait désormais au grand jour, 40 ans après, édité par les Éditions L’Harmattan. Il est, de ce fait, disponible.
L’ouvrage comporte un avertissement et une introduction, suivis du corps du document. Ce texte est complété par une chronologie fort brève de l’histoire du Congo et des biographies des auteurs.
Le texte s’ouvre sur la théorie relative à la naissance d’une organisation révolutionnaire. Cette théorie s’inspire de l’histoire, à la lumière des expériences marxistes. L’autocritique éclaire le cheminement du mouvement révolutionnaire congolais, dominé par le fonctionnement de ses composantes : Noumazalaye, Lissouba et Défense civile. La carence des protagonistes, c’est de s’être fourvoyés dans l’appareil politique avec la prétention d’en changer la nature, alors que celui-ci les a broyés et normalisés. L’analyse des auteurs souligne la perpétuation de la domination du Congo par des forces d’exploitation : l’impérialisme, aidé au plan intérieur par la collaboration de l’élite formant la bourgeoisie bureaucratique. Ainsi donc, cet appareil d’État néocolonial est demeuré un instrument d’asservissement au service des intérêts étrangers, et de la paupérisation du peuple. Le sens de la lutte du peuple est celui d’une libération nationale, qui appelle le recours à la violence révolutionnaire, et le noyau guérilla, (celui de Goma Tsé-Tsé) en devient le pilote. «Ce maquis doit être l’embryon d’une organisation armée devant réaliser les objectifs du noyau clandestin et appuyer fermement le front anti impérialiste» (P.75).
Ce dernier concept renvoie à une analyse marxiste, qui accepte dans les rangs des révolutionnaires, les divers éléments de la société, qui ont intérêt au triomphe de la libération du pays.
L’apport  marxiste de Diawara-Farimaka et de ses compagnons est d’avoir, pour la spécificité du Congo-Brazzaville, mis le doigt sur le réel instrument du pouvoir d’État, collaborant avec les forces extérieures pour exploiter le peuple. Il s’agit de l’Obumitri : l’organisation politique, au tour du chef de l’exécutif. Il comprend une poignée d’individus (oligarchie) formés de hauts fonctionnaires, (bureaucratie) et des officiers de la force publique (militaires) appartenant au même espace ethnorégional (tribal).  Le texte appelle à la mobilisation et à l’engagement dans la lutte armée dirigée par le noyau clandestin.
L’autocritique reste d’actualité, en ce qui concerne les forces coalisées qui pillent toujours le Congo, en complicité avec ses propres enfants.
L’autocritique, qui appelait à des contributions, n’a pu, à ma connaissance, enregistrer des suggestions et critiques. C’est le moment de les formuler, car le document d’autocritique reste d’actualité pour l’essentiel. Il est aussi utile de préciser qu’il y a une différence entre les acteurs du 22 février 1972 et les militants de l’autocritique M22. Ces derniers recrutés parmi des lycéens et étudiants, n’ont jamais adhéré au P.c.t, consacrant ainsi leur engagement de rompre d’avec l’entrisme et l’Obumitri. Ils ont adhéré à l’analyse de l’autocritique.
Lecas ATONDI-MONMONDJO

«Autocritique du M22» (Ange Diawara, Jean-Baptiste Ikoko, Jean-Claude Bakekolo, Jean-Pierre Olouka). Editions L’harmattan (2011), Collection Racines du présent. 99 Pages.
 
Note
1-) Nom de l’organisation clandestine de gauche fonctionnant à l’intérieur du P.c.t, conduite, tour à tour, par Matoumpa-Pollo, Ikoko et Diawara. Le groupe est né en octobre 1968 au camp «Les Clairons».

(*) Source : http://www.lasemaineafricaine.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3094:livre-est-sorti-chez-lharmattan–llautocritique-du-m22r-de-diawara-ikoko-bakekolo-et-olouka&catid=4:national&Itemid=3 

© pierreboundit — 12 mars 2012.

Explosions dans une caserne de l’Armée à Brazzaville : témoignages

Explosions dans une caserne de l’Armée à Brazzaville : témoignages(1)

 L’ensemble des témoignages indique clairement l’écart de plus en plus grand entre le Peuple congolais, endeuillé et en colère, et le mensonge éhonté, doublé d’une propagande indécente des autorités congolaises dans les ondes nationales et internationales. La faute à personne, aucune responsabilité située, aucune démission… telle est la ligne de défense d’un gouvernement irresponsable, impopulaire et illégitime.
Le témoignage du Colonel Mabandza Jean-Marie, montre clairement que la compétence et le mérite dans l’Armée congolaise ne sont plus les critères de gestion d’une armée, devenue clanique.

La Ligue Panafricaine du Congo-Umoja (LPC-U) se tient aux côtés de ce Peuple tant meurtri et travaille sans relâches avec tous les patriotes afin que le Peuple africain en général, et congolais en particulier, puisse reconquérir son destin.
A ce lien, la déclaration de la LPC-U :

http://lpcumoja.unblog.fr/2012/03/05/declaration-de-la-ligue-panafricaine-du-congo-umoja-suite-aux-evenements-tragiques-survenus-ce-dimanche-04-mars-2012-a-brazzaville/

1. Témoignages des Citoyens congolais

2.  Témoignage du Colonel  Mabandza Jean-Marie, officier des Forces Armées Congolaises (FAC)

Première partie :

Deuxième partie :

———————————————————

(1) Source : http://www.frtdh.org/audios.php?catNo=1

Mpila,  Le chaos

cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo

© pierreboundit — 08 mars 2012.

Déclaration de la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja, suite aux événements tragiques survenus ce dimanche 04 mars 2012 à Brazzaville.

Déclaration de la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja, suite aux événements tragiques survenus ce dimanche 04 mars 2012 à Brazzaville. dans Communiqué lpcuvofficielledef-300x300Déclaration de la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja, suite aux événements tragiques survenus ce dimanche 04 mars 2012 à Brazzaville.

C’est avec une grande tristesse et une profonde consternation que la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja (LPC-UMOJA) a pris connaissance, ce dimanche 04 mars 2012, de l’explosion d’un dépôt de munitions au régiment blindé de Mpila à Brazzaville. Cette explosion a occasionné des centaines de morts, des milliers de blessés, offrant une vision apocalyptique sur une vaste étendue de la capitale.

Profondément meurtrie, la LPC-U présente ses sincères condoléances aux familles éprouvées et au peuple congolais dans son ensemble. Elle se tient résolument aux côtés des sinistrés et de tous les blessés, auxquels elle souhaite prompt rétablissement et exprime sa solidarité. Que les âmes de tous les disparus reposent en paix.

La LPC-UMOJA encourage l’expression de solidarité, ainsi que l’hospitalité dont le peuple congolais en général et les Brazzavillois en particulier ont fait preuve envers les déplacés des quartiers concernés, déjouant ainsi les pronostics de certains politiciens qui considèrent que le Congolais est incapable d’avoir un élan naturel envers un compatriote qui ne serait pas ressortissant de sa région d’origine. Nous constatons en effet, que lors de différents conflits que notre pays a connus, les populations des arrondissements du Sud de la capitale ont pu trouver refuge au Nord de la ville et inversement, séjournant parfois même dans des familles qui jusqu’à lors, ne leur étaient liées d’aucune façon. Le peuple congolais est UN et indivisible, dans le bonheur comme dans le deuil et, c’est tous ensemble que nous devons penser l’avenir de notre pays.

Que cela soit dit ! Ce désastre, un de plus dans l’océan de souffrances que connaît le peuple congolais n’est pas un coup du sort, ni le fait du hasard. Nous assistons là, impuissants, à une conséquence macroscopique de grosses défaillances de l’État dans tous les domaines de la vie publique. En effet, les nominations à de hautes fonctions dans l’administration publique, sur des bases tribales ou par cooptation, les promotions non méritées au sein d’une armée devenue clanique, l’absence de sanctions lors de défaillances, la dilapidation de deniers publics, la promotion de l’esprit courtisan au détriment du mérite, etc., ont pour contrecoup aujourd’hui, la désorganisation totale de l’armée, des forces de sécurité, des services hospitaliers, de la protection civile et du système éducatif.

Le Congo aujourd’hui est incapable de mobiliser des outils modernes pour faire face à la situation puisque les services concernés – quand ils existent ! – sont structurellement défaillants. Nous avons ainsi constaté que les populations ont quitté leurs domiciles par leurs propres moyens et n’ont pas été évacuées comme cela aurait dû être fait dans un État digne de ce nom, les blessés graves ont été transportés dans les hôpitaux à dos d’homme ou dans des brouettes, puisque le Congo ne dispose pas de parc d’ambulances ; ces mêmes hôpitaux sont complètement saturés malgré le dévouement du personnel soignant car, même en temps normal, le nombre de lits n’est pas suffisant. Il est tout de même étonnant qu’un pays qui a connu une succession de drames n’ait jamais pensé à installer un véritable service de protection civile. De l’aveu même des autorités, des médicaments vont être réquisitionnés dans les pharmacies, ce qui indique clairement que l’État ne dispose pas de stock stratégique de médicaments pour faire face aux situations de crise.

De nombreux sinistrés n’ont à ce jour, reçu aucune assistance ; certains dormant encore à la belle étoile. Le gouvernement congolais une fois encore est incapable d’assurer sa principale mission régalienne qui est celle de garantir la sécurité pour tous, et s’en remet une fois de plus à une hypothétique aide étrangère.

Au regard de tout ce qui vient d’être dit :

La LPC-UMOJA s’insurge de ce que l’armée, institution publique, soit depuis les événements du 05 juin 1997, confisquée par un clan et soit gérée de façon complètement opaque. L’arsenal de guerre composée d’armes lourdes accumulé année après année par le gouvernement pour des raisons inavouables, est stocké en plein dans la ville, faisant fi des règles élémentaires de sécurité.

La LPC-UMOJA exige que le tabou sur la question militaire soit définitivement levé. Aucune Raison ou Secret d’État, ne doit entraver la vérité quand l’Armée, dont le rôle est de protéger et de sécuriser les biens et les personnes, devient depuis plusieurs années une source d’insécurité majeure dans notre pays.

Institution républicaine au même titre que la Justice ou la Fonction publique, l’Armée ne doit plus échapper au débat public et citoyen. Elle doit cesser d’être une affaire personnelle ou privée du Président de la République, au service de desseins qui échappent à tout contrôle des citoyens.

La LPC-UMOJA en appelle à tous les acteurs politiques et de la société civile de faire désormais de la transparence relative à la question militaire, un impératif politique.

La LPC-UMOJA exige la délocalisation immédiate des autres dépôts d’armes intra-urbains tant à Brazzaville que dans d’autres localités du pays, et la mise en place d’une commission indépendante devant laquelle devra répondre le Chef de l’État, chef des Corps d’Armée, car de son propre aveu, la décision de retrait des casernes de la ville vers les périphéries prises, depuis deux ans n’a jamais connu la moindre application.

La LPC-UMOJA émet des réserves sur les déclarations des membres du gouvernement, quant aux circonstances dans lesquelles ces explosions ont été déclenchées, et exige que non seulement une enquête indépendante soit diligentée, mais que ses conclusions soient rendues publiques au moment venu et les responsables sanctionnés.

La LPC-UMOJA demande que les différentes victimes soient indemnisées à hauteur du préjudice subi, tout comme doivent l’être les victimes des conflits armés passés, qui à ce jour n’ont reçu aucune indemnisation.

La LPC-UMOJA met en garde le gouvernement contre la tentative de minimiser le nombre total de victimes comme cela avait été le cas lors de l’accident ferroviaire de Yanga en juin 2010. Les Congolais ont le droit de connaître la vérité.

Pour finir, la LPC-UMOJA rappelle que la gestion clanique des armées nationales est hélas commune à de nombreux pays africains. Attachée à l’idéal panafricain, la LPC-UMOJA reste convaincue que seule une armée fédérale africaine peut servir de garde-fou contre les velléités de tribalisation et de captation de l’institution militaire à des fins de conservation du pouvoir.

 

Le Bureau Exécutif,

Paris, le 05 mars 2012

Contact :

Site : http://lpcumoja.unblog.fr/

Mail : lipaco.33@gmail.com

 

© pierreboundit — 05 mars 2012.

 

Le chat à neuf queues |
Blog de Jean-Louis Simon |
ATTAC Burkina Faso |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les délibérations du Consei...
| The meilleur of l 'actualit...
| jaime ma France