Livre: est sorti chez L’Harmattan : «L’Autocritique du M22» de Diawara, Ikoko, Bakekolo et Olouka

Livre: est sorti chez L’Harmattan : «L’Autocritique du M22» de Diawara, Ikoko, Bakekolo et Olouka (*)

PDF Imprimer
A la suite de l’échec du putsch du 22 février 1972, conduit par l’aile gauche du P.c.t (Parti congolais du travail), incarnée par le groupe1 et dirigée par Ange Diawara-Farimaka, une poignée de révolutionnaires rescapés de la répression se replie dans la campagne. Mais auparavant, refugiés chez un coopérant français, à Moungali, les officiers Ange Diawara-Farimaka, Jean Baptiste Ikoko, et les sous-officiers Jean Claude Bakekolo et  Pierre Olouka se penchent sur le passé de la Révolution congolaise. Leurs débats aboutissent à l’élaboration d’un document politique d’importance : «Autocritique M22». C’est Mme Jeanne Atondi  qui en emporte le manuscrit en France. Cependant au Congo, il est diffusé dans les formes les plus sommaires chez les lycéens, étudiants militaires et ouvriers. En France, il est rendu sous forme de brochure par des coopérants français solidaires des luttes du  peuple congolais, dont le Groupe information Congo (le G.i.c). D’autres militants de gauche dont les Trotskystes en font une large diffusion. Ce document demeuré clandestin, apparait désormais au grand jour, 40 ans après, édité par les Éditions L’Harmattan. Il est, de ce fait, disponible.
L’ouvrage comporte un avertissement et une introduction, suivis du corps du document. Ce texte est complété par une chronologie fort brève de l’histoire du Congo et des biographies des auteurs.
Le texte s’ouvre sur la théorie relative à la naissance d’une organisation révolutionnaire. Cette théorie s’inspire de l’histoire, à la lumière des expériences marxistes. L’autocritique éclaire le cheminement du mouvement révolutionnaire congolais, dominé par le fonctionnement de ses composantes : Noumazalaye, Lissouba et Défense civile. La carence des protagonistes, c’est de s’être fourvoyés dans l’appareil politique avec la prétention d’en changer la nature, alors que celui-ci les a broyés et normalisés. L’analyse des auteurs souligne la perpétuation de la domination du Congo par des forces d’exploitation : l’impérialisme, aidé au plan intérieur par la collaboration de l’élite formant la bourgeoisie bureaucratique. Ainsi donc, cet appareil d’État néocolonial est demeuré un instrument d’asservissement au service des intérêts étrangers, et de la paupérisation du peuple. Le sens de la lutte du peuple est celui d’une libération nationale, qui appelle le recours à la violence révolutionnaire, et le noyau guérilla, (celui de Goma Tsé-Tsé) en devient le pilote. «Ce maquis doit être l’embryon d’une organisation armée devant réaliser les objectifs du noyau clandestin et appuyer fermement le front anti impérialiste» (P.75).
Ce dernier concept renvoie à une analyse marxiste, qui accepte dans les rangs des révolutionnaires, les divers éléments de la société, qui ont intérêt au triomphe de la libération du pays.
L’apport  marxiste de Diawara-Farimaka et de ses compagnons est d’avoir, pour la spécificité du Congo-Brazzaville, mis le doigt sur le réel instrument du pouvoir d’État, collaborant avec les forces extérieures pour exploiter le peuple. Il s’agit de l’Obumitri : l’organisation politique, au tour du chef de l’exécutif. Il comprend une poignée d’individus (oligarchie) formés de hauts fonctionnaires, (bureaucratie) et des officiers de la force publique (militaires) appartenant au même espace ethnorégional (tribal).  Le texte appelle à la mobilisation et à l’engagement dans la lutte armée dirigée par le noyau clandestin.
L’autocritique reste d’actualité, en ce qui concerne les forces coalisées qui pillent toujours le Congo, en complicité avec ses propres enfants.
L’autocritique, qui appelait à des contributions, n’a pu, à ma connaissance, enregistrer des suggestions et critiques. C’est le moment de les formuler, car le document d’autocritique reste d’actualité pour l’essentiel. Il est aussi utile de préciser qu’il y a une différence entre les acteurs du 22 février 1972 et les militants de l’autocritique M22. Ces derniers recrutés parmi des lycéens et étudiants, n’ont jamais adhéré au P.c.t, consacrant ainsi leur engagement de rompre d’avec l’entrisme et l’Obumitri. Ils ont adhéré à l’analyse de l’autocritique.
Lecas ATONDI-MONMONDJO

«Autocritique du M22» (Ange Diawara, Jean-Baptiste Ikoko, Jean-Claude Bakekolo, Jean-Pierre Olouka). Editions L’harmattan (2011), Collection Racines du présent. 99 Pages.
 
Note
1-) Nom de l’organisation clandestine de gauche fonctionnant à l’intérieur du P.c.t, conduite, tour à tour, par Matoumpa-Pollo, Ikoko et Diawara. Le groupe est né en octobre 1968 au camp «Les Clairons».

(*) Source : http://www.lasemaineafricaine.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3094:livre-est-sorti-chez-lharmattan–llautocritique-du-m22r-de-diawara-ikoko-bakekolo-et-olouka&catid=4:national&Itemid=3 

© pierreboundit — 12 mars 2012.

 

Le chat à neuf queues |
Blog de Jean-Louis Simon |
ATTAC Burkina Faso |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les délibérations du Consei...
| The meilleur of l 'actualit...
| jaime ma France