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22 février 1972 – 22 février 2012 : Il y a 40 ans éclata la rupture au sein du P.C.T : récit de l’événement

22 février 1972 – 22 février 2012 : Il y a 40 ans éclata la rupture au sein du P.C.T : récit de l’événement PDF Imprimer
Samedi, 25 Février 2012 08:49 – Source : La semaine Africaine du Samedi 25 février 2012.
Le Lieutenant Ange Diawara.

22 février 1972. U22 février 1972 – 22 février 2012 : Il y a 40 ans éclata la rupture au sein du P.C.T : récit de l’événement dans Général n_a1n équilibre est rompu au sein du pouvoir, au Congo-Brazzaville. C’est, particulièrement, la grève estudiantine, notamment à Brazzaville et  Pointe-Noire, en novembre 1971, qui en aura été le catalyseur. En effet, dans le pouvoir, les uns accusent les autres d’être les instigateurs des grévistes dans les collèges et les lycées. Les accusés sont considérés comme la gauche, et les accusateurs, la droite. Chacune de ces deux tendances cherchant à éliminer l’autre, c’est l’équilibre droite-gauche qui est rompu, par l’évènement du 22 février 1972. Une rupture qui deviendra  violente et sanglante. Ce jour-là, dans la  matinée, un message radio-diffusé du président Marien Ngouabi, depuis Pointe-Noire où il est arrivé la veille, est coupé. Par la suite, un autre message est entièrement diffusé sur les mêmes ondes de la radio nationale, depuis Brazzaville, qui déclare, en substance : la situation qui prévaut est une action des forces de gauche contre un coup d’Etat du Commandant Jacques Joachim Yhombi Opango, chef d’Etat-major de l’armée et commandant de la zone militaire de Brazzaville. On saura, plus tard, que ce message est lu par le sous-lieutenant Alphonse Mantessa (qui venait d’être exclu  du P.C.T, le parti unique au pouvoir), et écrit par Ambroise Noumazalaye, membre du bureau politique du P.C.T, chargé de la commission du plan. Ensuite, «La Voix de la Révolution Congolaise» n’émet plus. Ses bâtiments sont occupés par les militaires du bataillon d’infanterie. Ils s’en retireront, vers 12h.
Dans l’après midi, à 16h, «La Voix de la Révolution Congolaise» émet à nouveau. Tous les environs sont cernés par plusieurs chars du régiment blindé. Une déclaration du Commandant Yhombi, considéré comme étant de la droite, est radiodiffusée, sur un ton  martial : en résumé, il fustige la mutinerie du bataillon d’infanterie et les officiers félons. Il assure avoir le contrôle de la situation.
Le président Marien Ngouabi est rentré à Brazzaville, après avoir effectué un atterrissage de fortune sur la route nationale n°2, près d’une localité située à environ 45 kms au Nord de la capitale.
Son message, interrompu dans la matinée, passe, entièrement, sur les ondes : il s’étonne de la situation politique qui s’est inopinément créée à Brazzaville, en son absence ; il demande aux uns et aux autres de se garder de faire couler le sang.
En fait, à Brazzaville, après avoir sensibilisé et alerté les militants les plus engagés dans les arrondissements et parmi les lycéens, c’est dans la nuit du 21 au 22 février 1972 que les forces de gauche passent à l’offensive,  sous le leadership du Lieutenant Ange Diawara, ancien chef du corps de la défense civile, membre du bureau politique du comité central du P.C.T,  commandant du bataillon d’infanterie et membre du Haut-commandement de l’armée. Ces forces occupent non seulement la radio nationale, mais contrôlent aussi l’aéroport Maya-Maya. Si elles ont de nombreux partisans au groupement aéroporté, elles n’ont, par contre, pas suffisamment gagné à leur cause, les militaires du régiment blindé. Alors, Ange Diawara, dans la mi-journée de ce 22 février, demande aux militants rassemblés dans les quartiers, de ne pas descendre dans les rues (seuls, n’ayant pas suivi le mot d’ordre, des scolaires mobilisés par l’U.G.E.E.C (Union générale des élèves et étudiants du Congo), à partir du lycée du Drapeau-Rouge, marcheront jusqu’à la radio), et à ses forces militaires de se retirer des lieux qu’elles occupent. Les personnalités, politiquement classées à droite et arrêtées au petit matin, telles que Pierre Nzé, membre du bureau politique chargé de l’organisation, presse et propagande, maître Aloyse Moudiléno-Massengo, ministre de la justice, et Henri Lopès, ministre des affaires étrangères, sont relaxées. Ce jour-là, le feu ne sera jamais ouvert, il n’y aura aucune victime.
Mais, pour la gauche, c’est la défaite. Alors que le plan d’Ange Diawara prévoyait une insurrection populaire ou, à tout le moins, de militants, ce ne sont, finalement, que les militaires qui sont apparus, et l’action a ainsi abouti à un putsch…, un putsch manqué.
Une répression brutale s’ensuit sur tous les militants connus, qu’ils aient ou non été impliqués dans cette action. Plus de mille arrestations à Brazzaville et Pointe-Noire, dont près de 300 personnes auront été détenues. Des tortures et sévices, ainsi que des assassinats sommaires.
Pour cette action du 22 février 1972, l’offensive a été, de toute évidence, précipitée et le repli n’a pas été planifié. La plupart des dirigeants, recherchant un refuge, se sont, facilement, fait arrêter par les forces légales à leurs trousses. Tel est le cas des Sous-lieutenants Camille Bongou, Benoît Moundélé-Ngollo et Benjamin Ndala, de Julien Lecas Atondi-Monmondjo ou Jean Saturnin Malonga. Cependant, Ambroise Noumazalaye, face à l’échec, s’est rendu de lui-même aux autorités en place.
Prosper Matoumpa-Mpolo, Sous-lieutenant, ancien ministre de la jeunesse et ancien préfet  du Kouilou dont le chef-lieu est Pointe-Noire, est le dirigeant de l’action du 22 février dans cette ville, où il sera, sans jugement, assassiné. A Brazzaville, quatre détenus seront, en pleine nuit, enlevés de la maison d’arrêt. Parmi eux, Elie Théophile Itsouhou, membre du comité central et collaborateur de Pierre Nzé, à l’organisation, Franklin Boukaka, animateur culturel et grand compositeur de mélodies agréables et engagées. Direction… cimetière de la Tsiémé ! C’est là que les deux seront, sans aucune forme de procès, assassinés, tandis que les deux autres parviendront à s’échapper.
Ce jour-là même du 22 février, le groupe, composé notamment d’Ange Diawara, du Sous-lieutenant Jean-Baptiste Ikoko, des Sergents Jean-Pierre Olouka et Jean-Claude Bakékolo, échappe aux poursuites et se réfugie à la campagne.
A la suite du putsch manqué, il règne à Brazzaville et Pointe-Noire notamment, une atmosphère de terreur: féroce surveillance policière ; perquisitions par-ci, par-là ; manifestations de colère simulée de la foule où l’on fait crier contre les prisonniers: «Au poteau! Au poteau!». Le 28 février 1972, une cour martiale est créée (ce sont trois militaires jugeant à huis clos), pour 183 détenus. Son verdict est rendu public presqu’un mois plus tard, le 25 mars: 52 condamnations à mort sont prononcées. Fortes pressions diplomatiques des ambassades des pays de l’Europe de l’Est, pressions de l’opinion française et internationale, à tel point que Marien Ngouabi, à l’opposé de la majorité de son comité central, prend seul l’initiative d’annoncer la suspension des exécutions. Un décret présidentiel commue en réclusion criminelle à perpétuité les peines capitales prononcées.
Les détenus seront, en avril, répartis dans les différentes prisons du pays. Le 22 février 1972, la gauche congolaise a gravement échoué.
Pour bon nombre d’analystes, c’est l’étape finale de la liquidation des conquêtes sociales du mouvement né en août 1963. Désormais, en particulier, le culte et la pratique du tribalisme se renforcent davantage dans l’armée, les institutions politiques et économiques, les ministères, les ambassades.

 Auteur : Jean BATANTOU (Bajean)
Pour comprendre davantage la période du 22 février 1972, lire :
- La Semaine Africaine, numéros des années 1971 et 1972
- Marien Ngouabi, «Vers la construction d’une société socialiste en Afrique», Edition Présence Africaine.
- Pierre Eboundit, «Le M 22, Une expérience au Congo, Devoir de mémoire», Éd. Ccinia communication, Paris.
- A. Diawara, JB Ikoko, JC Bakékolo, JP Olouka, «Autocritique du M 22», Ed. L’Harmattan (vient d’être édité).

 

© pierreboundit – 25 février 2012.

22 février 1972, le M22 a 40 ans ! par Obambé Gakosso.

LIBRES OPINIONS – LIBRES OPINIONS – LIBRES OPINIONS

 

22 février 1972, le M22 a 40 ans !

23 02 2012

22 février 1972, le M22 a 40 ans ! par Obambé Gakosso. dans Histoire images3-94x150BIEN QUE 40 ANS SE SOIENT écoulés depuis le Mouvement du 22 février 1972, force est vraiment de constater que ce mouvement est très mal connu des Congolais en particulier, et même des Africains passionnés d’histoire en général. Pourtant, il est un des rares, sinon le seul mouvement politique congolais qui en ce temps-là, avait transcendé les clivages tribaux pour mettre au centre véritablement les questions des Congolais dans leur ensemble, sans la moindre distinction de tribus, de districts, de PCA (Petite commune administrative) et encore moins de région. (suite…)

Diaporama en cube – Leaders historiques du M22.

Diaporama en cube – Leaders historiques du M22.

  1. Ange Diawara
  2. Jean-Baptiste Ikoko
  3. Jean-Pierre Olouka
  4. Jean-Claude Bakékolo
  5. Prosper Matoumpa-Pollo
  6. Franklin Boukaka

cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo

Cliquez sur le cube pour figer l’image.

Dans sa chanson « Les Immortels », Franklin cite un vieux qui lui dit :

« Mon fils, tout homme doit mourir un jour, mais toutes les morts n’ont pas la même signification. » 

© pierreboundit – 17 février 2012.

Charte pour une autre politique africaine de la France.

Charte pour une autre politique africaine de la France

Nous, Citoyens français et Africains vivant en France, attachés au respect de l’égale dignité de tous les peuples, tenons à interpeller les différents candidats à l’élection présidentielle française au sujet de nos rapports avec le continent africain. Notre objectif à travers cette Charte est d’ouvrir un débat public sur autre politique africaine de la France et de placer chacun — candidats et électeurs — devant ses responsabilités. Cette Charte sera soumise aux différents candidats et en tant qu’électeurs notre choix — au moment de déposer notre bulletin dans l’urne — sera guidé par les réponses apportées par les uns et les autres aux engagements affirmés dans cette Charte.

Candidat à la Présidence de la République Française,

conscient que la Françafrique se situe aux antipodes des valeurs affichées par la France,

qu’elle a alimenté et entretenue la corruption, les régimes dictatoriaux ainsi que des guerres fratricides en Afrique;

JE M’ENGAGE :

1. A reformer en profondeur la politique africaine de la France afin de mettre un terme à la Françafrique

2. A œuvrer pour la mise en place d’un contrôle parlementaire et citoyen de la politique africaine de la France

3. A clarifier les prérogatives des différents acteurs impliqués dans les enjeux africains et à mettre un terme au fonctionnement des réseaux opaques et parallèles

4. A soumettre la coopération militaire française au contrôle parlementaire

5. A sortir les relations économiques franco-africaines de toute logique de patrimonialisation

6. A soumettre les entreprises françaises intervenant en Afrique au respect des normes sociales et environnementales

7. A œuvrer à l’instauration de règles commerciales et économiques internationales transparentes et équitables

8. A respecter le droit international, la souveraineté des États africains et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

9. A mettre en œuvre une politique migratoire respectueuse des droits de l’homme

Signataires à l’initiative de la Charte

Denis Pryen, éditeur ; David Gakunzi, écrivain ; Calixte Baniafouna, écrivain ; Arsène Bikoue, chercheur ; Stéphane Hessel, ambassadeur ; Dieudonné Gnammankou, historien; Armelle Riché, Harmattan ; Balufu Kanyinda, cinéaste ; Pierre Eboundit, pharmacien ; Michel Galy, politologue ; Albert Bourgi, Professeur des universités en droit public; Félix Atchadé, médecin ; Sophie Gondolle, enseignante ; Augusta Epanya, écrivain ; Thuy Tiên Ho, cinéaste ; Dominique Bangoura, enseignante ; Paul Sankara, documentaliste ; Dominique Nitoumbi, conseiller municipal — Portet-sur-Garonne; Diogène Senny, entrepreneur-formateur ; Isabelle Zenatti, sociologue ; Doudou Sidibé, enseignant ; Roger Gballou, écrivain ; Muepu Mwamba, écrivain ; Graziella Ruet, actrice ; Mathurin Mingni, président de l’Afda ; Ndendi Ekwalla, économiste urbain; Guy-Charles Tafeb, formateur ; Fréderic Poha , AMCF — jeunesse ; Dédé Oupoh, AMCF — jeunesse ; Obambe Gakosso, journaliste ; Alexis Zahoua, UNG ; Joanes Louis, doctorant ; Mohamed Camara, éditeur ; Amédée Akpane, directeur de projet ; Alain Toussaint, spécialiste communication politique Pamela Kazekare, journaliste; Popo Murigande, musicien ; Mavinga Tsafunenga, écrivain ; Alain Kassanda- Apkass, poète — musicien ; Gratien Rukindikiza, journaliste ; René Lyncée, directeur administratif et financier ; Abel Naki, cri panafricain ; Armelle Chatelier, historienne; Zap Krasso, spécialiste en communication; Ibo kenyatta, bibliothécaire; Evelyne Brener, documentariste; Sophie Ducrez, animatrice ; Daniel Nicolas, informaticien; Yera Dembelé, journaliste

Rejoignez cette initiative en envoyant votre signature à l’adresse email suivante : secretariat@irea-institut.org ou en retournant le coupon-réponse ci-dessous à l’adresse suivante: IREA (Institut de recherche et d’études africaines) 16 rue des écoles, 75005 Paris France

Oui, je rejoins cette initiative et demande aux candidats à la présidentielle 2012 de se prononcer sur les valeurs et engagements affirmés dans la Charte pour une autre politique africaine de la France

Nom _________________________________ Prénom : ______________________

Email :__________________________ Adresse : ___________________________

Code postal :_________________________________ Ville :_________________

Fonction ou organisation :_______________________________________________

SIGNATURE :

Contacts téléphoniques : 0622942990

0674885234

Site Web : www.irea-institut.

 

© pierreboundit – 13 février 2012.

 

Cheikh Anta Diop, « Apport de l’Afrique à la civilisation universelle » – Conférence de Niamey 1984.

Anthropologue, Historien, Linguiste, Chimiste, Physicien, Philosophe et Politique, Cheikh Anta Diop était tout cela à la fois. A ceux qui sont encore dans l’ignorance, je vous suggère de suivre cette vidéo, après et après seulement, vous conviendrez avec moi que cet homme fut un être exceptionnel qui incontestablement a contribué à  jeter les fondements de la Renaissance africaine.

Conférence de Niamey 1984 – Cheikh Anta Diop

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© pierreboundit – 11 février 2012.

 

 

 

Version intégrale de la réponse de Serge Letchimy à Claude Guéant sur les « civilisations ».

 Version intégrale des propos du Député Serge Letchimy

Serge Letchimy député apparenté PS de la Martinique Assemblée a interpellé  mardi 7 février 2012 le Premier ministre français sur les propos polémiques du Ministre de l’intérieur M. Claude Guéant sur « les civilisations ».

Version intégrale :

« Nous savions que pour M. Guéant la distance entre immigration et invasion est totalement inexistante et qu’il peut savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique. Ca n’est pas un dérapage, c’est une constante parfaitement volontaire. En clair, c’est un état d’esprit et c’est presque une croisade. M. Guéant vous déclarez du fond de votre abîme, sans remord ni regret, que toutes les civilisations ne se valent pas. Que certaines seraient plus avancées voire supérieures. »

http://www.dailymotion.com/video/ta= »http://www.dailymotion.com/video/xoeys1_la-polemique-sur-les-propos-de-claude-gueant-rebondit-dans-l-hemicycle_news »

« Non M. Guéant, ce n’est pas « du bon sens », c’est simplement une injure qui est faite à l’Homme. C’est une négation de la richesse des aventures humaines. C’est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations. Aucune civilisation ne détient l’apanage des ténèbres ou de l’auguste éclat. Aucun peuple n’a le monopole de la beauté, de la science du progrès ou de l’intelligence. Montaigne disait « chaque homme porte la forme entière d’une humaine condition ». J’y souscris. Mais vous, monsieur Guéant, vous privilégiez l’ombre. »

« Vous nous ramenez, jour après jour, à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ? »

« Il existe, M. le premier ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque, que vous tentez de récupérer sur les terres du FN [À ce moment-là, François Fillon se lève et part, suivi du gouvernement]. C’est un jeu dangereux et démagogique qui est inacceptable. Il existe une autre [France], celle de Montaigne, de Condorcet, de Voltaire, de Césaire ou d’autres encore. Une France qui nous invite à la reconnaissance, que chaque homme… » [M. Letchimy est alors coupé par le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer].

Peu après l’incident, le premier ministre a demandé dans un communiqué aux responsables de l’opposition de condamner « une provocation indécente ».*

* LEMONDE.FR avec AFP | 07.02.12 | 17h41   •  Mis à jour le 07.02.12 | 17h47

© pierreboundit – 11 février 2012.

Message de Vœux de la Ligue Panafricaine du Congo-UMOJA (LPC-U)

MESSAGE DE VŒUX DE LA LIGUE PANAFRICAINE DU CONGO-UMOJA

(LPC-U)

Chers compatriotes, l’année 2011 s’achève sur un constat globalement amer pour notre continent et pour notre pays ; jamais année n’aura connu autant de bouleversements depuis au moins une décennie.

De l’illusion d’une souveraineté diplomatique et judiciaire

La situation politique sur notre continent est des plus vulnérables. L’exécution du guide de la révolution libyenne Mouammar Kadhafi à la suite des bombardements de forces de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la Cour Pénale Internationale (CPI), au mépris des règles élémentaires du droit, au nom d’intérêts bassement mercantiles des puissances occidentales et sans que cela n’ait suscité de vives et dignes réactions de la part de nos gouvernants à la hauteur de la situation, démontrant une fois de plus que la souveraineté politique et diplomatique du continent africain reste à reconquérir.Message de Vœux  de la Ligue Panafricaine du Congo-UMOJA  (LPC-U) dans Communiqué lpcuvofficielle

Les dirigeants africains sont incapables encore à ce jour de s’entendre sur l’essentiel et de se faire entendre de l’extérieur. Avec eux, le rêve de Kwamé Nkrumah, « Africa must unite » demeure un cri sans le moindre écho. Ils foulent aux pieds tous les jours les préceptes de cet homme qui pleura un jour de mai 1963 à Addis Abeba, voyant que la majorité de ses pairs ne voulaient pas de l’unité du continent.

Les cas Gbagbo et Khadafi risquent de faire désormais jurisprudence. Ne soyons, surpris qu’à l’avenir d’autres chefs d’État africains, parmi les plus progressistes soient déposés par l’Occident pour peu qu’ils ne répondent pas à ses attentes.

Kwamé Nkrumah, premier Premier ministre africain du Ghana indépendant et premier président de ce pays disait en son temps que L’indépendance du Ghana n’aura pas de sens sans la libération totale du continent. Il faut bien croire qu’avec le sort réservé au guide libyen et au président ivoirien, l’indépendance totale du continent soit loin d’être une préoccupation pour les dirigeants africains.

Du néo-colonialisme à travers la répression monétaire du Franc CFA

Chers compatriotes, l’économie de marché est en crise. Les pays africains aux économies rentières et désarticulées sont frappés de plein fouet et nos populations en payent le prix fort. La crise que traverse la zone euro nous fait légitimement craindre une énième dévaluation du franc CFA, avec toutes les conséquences socio-économiques que nous pouvons imaginer. Comment pourrait-il en être autrement, quand les dirigeants africains refusent de comprendre que battre monnaie est un attribut de souveraineté ?

Comment comprendre, qu’au 21ème siècle, plus de 50 ans après les indépendances nominales, les dirigeants africains de la zone franc, qui ne manquent aucune occasion pour claironner leur souveraineté pleine et entière, parcourent paradoxalement les places financières du monde en quête de la mendicité financière et, dans le même temps, déposent 50 % de leur recette d’exportation dans les comptes d’opération au Trésor public français en guise de garantie d’une monnaie coloniale ?

Du zèle dans l’application servile des programmes des institutions financières internationales (IFI)

Chers compatriotes, alors qu’au cours de l’année écoulée, des peuples européens sont descendus dans la rue pour protester contre les plans d’austérité proposés par les IFI, alors que certains gouvernements européens dénoncent une atteinte à la souveraineté face aux diktats des représentants de la finance mondiale dont, par la force des choses, ils sont également devenus clients, alors que l’Amérique Bolivarienne remet en cause le rôle des organisations de BretonWoods et crée la banque du sud, dans nombre de nos pays, les kits de gouvernance concoctés par les IFIs sont encore présentés comme la panacée.

La ministre du Travail et des Affaires sociales de l’Italie, Elsa Fornero, 63 ans, pourtant économiste-libérale, a ému de ses larmes l’Italie toute entière le dimanche 4 décembre 2011, lors de la conférence de presse de présentation du budget d’austérité, s’agissant notamment du gel de l’augmentation des petites pensions de retraite. Comment ne pas s’étonner dans ce cas, de la désinvolture et du zèle avec lequel, depuis 25 ans les dirigeants africains appliquent servilement les solutions des IFI, se disputant opposition comme pouvoir, le succès de l’exécution des plans d’austérité imposés par les IFI ?

C’est ainsi que nous avons vu le gouvernement congolais jubilé lors de l’admission du Congo à l’initiative PPTE, et en même temps, le défunt ministre des finances, Nguila Moungounga Nkombo, farouche opposant du pouvoir, revendiqué lui aussi la paternité de ce « joyau », pour l’avoir initié au temps où il était au pouvoir.

Se voulant force de proposition avant tout, la L.P.C-U, qui à ce jour, – rappelons-le -, n’est candidate à aucune fonction élective, n’a eu au cours de son année d’existence, de cesse de dénoncer les diktats des IFI, tout en conviant à des débats de fond sur ces facteurs à l’origine de la pauvreté structurelle de nos populations, que même une gestion orthodoxe des finances publiques ne saurait éradiquer.

De la vie de misère des congolais, transposable à la quasi-totalité des africains

Chers compatriotes, le Congo notre pays traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Les mesures sociales annoncées par le gouvernement n’ont pas eu d’effets substantiels, quand elles ne furent simplement pas appliquées. En effet, comment assurer la gratuité de la césarienne ou encore celle du traitement contre le paludisme pour les jeunes enfants, quand les populations les plus sensibles n’ont même pas accès aux infrastructures sanitaires ? Comment prétendre consolider l’offre en matière d’éducation quand nos écoles demeurent vétustes, sous-équipées, les enseignants mal rémunérés et l’unique université publique du pays réduite à sa plus simple expression ?

Alors que les Congolais dans leur grande majorité n’ont toujours pas accès à l’eau potable, alors que l’accès à l’électricité dans nos grandes villes demeure encore aléatoire malgré la mise en route du barrage d’Imboulou, le gouvernement préfère se lancer dans des choix budgétaires hasardeux en inaugurant des chantiers dits grands travaux qui, quand ils ne sont pas abandonnés avant terme, ne contribuent en aucune manière à l’amélioration des conditions de vie de nos populations. La situation est grave et un changement s’impose. Aussi, la LPC-U vous interpelle tous sur la nécessité de laisser de côté les problématiques futiles et de se concentrer sur la mise en œuvre d’un programme de gouvernance réfléchi, pouvant servir d’alternative crédible au peuple congolais. C’est fort de cette ambition que la LPC-U a publié au cours de l’année écoulée, son premier ouvrage de débats et de propositions, aux éditions l’Harmattan, intitulé : « Vision de la Ligue Panafricaine du Congo-UMOJA – Contributions au débat public ».

Des causes de l’insuccès de l’opposition congolaise

Chers compatriotes, l’opposition congolaise officielle, informelle, tolérée ou non, ne parvient pas à mobiliser l’écrasante majorité des congolais, pourtant victime du régime politique en place. Le seul moment où l’on entend l’opposition congolaise, c’est à la veille des élections. L’électoralisme sous forme de manipulation des tribus est devenu le seul enjeu qui mobilise les élites politiques, donnant ainsi l’impression aux populations que ce qui compte pour les acteurs politiques est la possibilité de remplacer les autres, peu importe le système. Car comment comprendre l’absence des acteurs politiques aux côtés des étudiants qui étudient dans des conditions délabrées, des retraités dont les pensions ne cessent de se dégrader, des malades « soignés » dans les mouroirs, des paysans délaissés dans l’arrière-pays… ?

La LPC-U en appelle aux acteurs de l’opposition à s’engager publiquement et sincèrement en dénonçant les dettes odieuses pour lesquelles, les populations payent le lourd tribut ; en condamnant la répression monétaire du franc CFA, en dénonçant la mainmise des puissances occidentales sur nos ressources stratégiques dont le pétrole, en soutenant concrètement les luttes sociales afin que les populations s’impliquent à leur tour dans le nécessaire combat du changement, sans quoi, ces dernières ne se feront pas d’illusion sur le caractère interchangeable des dirigeants actuels avec une opposition complice du système qui les assaille.

S’unir ou périr, telle est la seule et unique alternative qui s’offre à l’Afrique

Chers compatriotes, le monde change, le monde évolue. L’année 2011 a également été marquée par un affaiblissement du camp occidental et une montée en puissance des pays du sud dits émergents. Dans ce nouvel échiquier mondial qui se dessine sous nos yeux, l’Afrique notre continent peut avoir sa carte à jouer, à la condition de mutualiser nos efforts.

Nous ne le répéterons jamais assez : le panafricanisme est le seul paradigme de gouvernance qui offre une identité large à l’individu africain, de sorte que les préjugés et les discriminations ethniques n’ont plus lieu d’être. Le panafricanisme est le seul paradigme de gouvernance qui a à cœur de défendre les intérêts et la souveraineté du continent africain. Le panafricanisme est le seul paradigme qui offre les éléments de gouvernabilité à même de satisfaire aux besoins de nos populations et d’engager notre pays et notre continent sur la voie de leur modernité. Le panafricanisme est l’unique paradigme de gouvernance qui met l’Être au centre de ses préoccupations et fait de la recherche de la justice, de l’équité et de l’harmonie universelle sa philosophie. Le panafricanisme est l’unique paradigme qui milite pour la Renaissance africaine; l’Afrique doit se réapproprier les ressorts de son initiative historique pour sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve depuis cinq siècles.

Chers compatriotes, le projet panafricain existe, l’édification d’un État fédéral africain souverain en est l’aboutissement. Il nous incombe de nous en imprégner et de nous l’approprier pour l’année qui commence.

Bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous !

Le Bureau Exécutif de la LPC-U

© pierreboundit – 11 janv 2012.

Autocritique du M22 – Le mouvement révolutionnaire du 22 février 1972 au Congo Brazzaville, le livre vient de paraître chez L’Harmattan.

 

Autocritique du M22 – Le mouvement révolutionnaire du 22 février 1972 au Congo Brazzaville.

Auteurs : Ange Diawara, Jean-Baptiste Ikoko, Jean-Pierre Olouka, Jean Claude Bakékolo.

Le M22, mouvement révolutionnaire, tire son nom du putsch manqué le 22 février 1972, contre l’Oligarchie Bureaucratique Militaire et Tribale au pouvoir au Congo-Brazzaville. Ce livre est un matériau de première main de l’histoire immédiate, mais aussi une formidable source d’enseignements quand on voit les turpitudes d’une classe politique dont les principales caractéristiques sont l’inconstance et le reniement permanent.

 

Prix public : 12,00€ – Actuellement à 11,40€ sur le site de l’Harmattan :Autocritique du M22 - Le mouvement révolutionnaire du 22 février 1972 au Congo Brazzaville, le livre vient de paraître chez L'Harmattan. dans Culture Auto_M22-188x300

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=35840

Ce livre existe aussi en version numérique ebook au prix de 9,00€, pour les accros des tablettes numériques :

EAN Ebook format Pdf : 9782296479173.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&sr=7

Vous pouvez vous le procurer chez votre libraire habituel, en lui indiquant le code ISBN du livre :

ISBN : 978-2-296-55823-6.

 

Commandez-le, offrez-le, lisez-le, vous lèverez ainsi sans nul doute, une partie du voile sur notre histoire immédiate.

 

© pierreboundit – 04 janv 2012.

 

Video de la LPC-Umoja relative aux conséquences d’une éventuelle dévaluation du Franc CFA, avec Nicolas Agbohou et Pierre Eboundit

Entretien à l’initiative de la Ligue Panafricaine du Congo-Umoja (LPC-U), réalisé le 22 décembre 2011 à Paris avec le Pr Nicolas Agbohou, économiste et politologue, et Pierre Eboundit, Président de la LPC-U, à propos des conséquences d’une éventuelle dévaluation du Franc CFA et de la vision de la LCP-U à cet effet.

Image de prévisualisation YouTube

© pierreboundit – 29 déc 2011

Lettre à Laurent Gbagbo par Jacques Owono

Libres opinions – Libres opinions

 

Lettre à Laurent Gbagbo par Jacques Owono

publié le 07/12/2011(*)

« Nous l’avons compris, qu’ils mettent aux avant-postes les nôtres pour mieux nous atteindre et nous confondre : Fatou Bensouda »

M. Le Président,

Dans notre tradition africaine héritée jalousement des Ancêtres, le procès a pour but majeur, sinon exclusif, de restaurer la paix dans la communauté divisée mais aussi dans les cœurs. Un dicton burkinabé dit d’ailleurs à ce propos que la palabre sauve le village. Car, ainsi que le précise aussi un proverbe wolof : « Il n’y a pas deux personnes qui ne s’entendent pas ; il y a seulement deux personnes qui n’ont pas discuté». Madiba Mandela, noble fils de l’Afrique, est resté fidèle à cet enseignement des aînés. « Asseyons-nous et discutons ! », aimiez-vous à répéter à vos adversaires ; « Asseyons-nous et recomptons les voix ! », leur aviez-vous martelé des mois durant. Mais ils ne vous ont pas écouté. Ceci parce qu’un petit nombre prétendument « international » a confisqué la parole, pris la justice en otage au nom des « droits de l’homme ». Mais dans notre Afrique historique et sage, où des mondes, des mentalités et des temps différents se superposent comme l’affirme le savant malien Hampâté Bâ, ils ne peuvent réussir une telle entreprise que par la violence, oubliant que le plus fort, celui qui gagne, le gagneur est peut-être dans l’humanité, celui qui nous amène à la régression. Car la force primaire, la force brute n’est pas primée dans nos sociétés. (Michel Serres). Dans notre tradition africaine donc, M. le Président, un dicton ibo dit « qu’un procès n’exclut personne ». C’est-à-dire que le public n’est pas simplement présent en spectateur muet, il est autorisé à faire entendre son opinion. La mienne sera à travers cette correspondance que je compte établir avec vous; aussi longtemps que durera votre incarcération.

C’est, à travers ma plume, la voix de millions d’Africains du continent : Ivoiriens, Camerounais, Maliens, Sénégalais, Ougandais, Ghanéens, Algériens, Libyens, etc. C’est aussi celle de millions d’autres, Africains de la diaspora et descendants africains vivant dans le monde : Lettre à Laurent Gbagbo par Jacques Owono dans Histoire Dr-Jacques-Owono_1-260x300en France, en Allemagne, en Chine, en Guadeloupe, en Haïti, au Canada, en Australie, etc. C’est enfin celle de tous les combattants de la liberté de toutes confessions religieuses ou obédiences politiques : juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes, athées, socialistes, démocrates, républicains, communistes, etc. Tous nous sommes là, Arc-en-ciel de liberté, défenseurs de notre humanité menacée, symbole de résistance contre l’injustice. Tous nous voulons écrire cette page de notre histoire africaine avec vous; Tous nous voulons marcher avec vous sur les traces de notre humanité.

Dr. Jacques Owono

©Journalducameroun.com

En introduction de son livre, Histoire de France, Pierre Miquel déclare : « Il y a des pays sans histoire. La France n’est pas de ceux-là. » Cette affirmation, de la plume même d’un historien, peut paraître choquante. (suite…)

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