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Je suis « Kofi Jicho Kopo « , et je suis fier d’être AFRICAIN !

LIBRE OPINION – LIBRE OPINION – LIBRE OPINION

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Je suis « Kofi Jicho Kopo « , et je suis fier d’être AFRICAIN !

 Hotep !

 Mon nom est Kofi Jicho Kopo, j’ai 18 ans et je suis un Kamite de la Martinique, cependant Je ne me suis pas toujours appelé « Kofi « . Auparavant je me nommais « Dimitri Villeronce « , étant descendant d’esclaves, je tenais certainement mon nom famille du maître qui possédait mes ancêtres ou d’un quelconque béké. Je vais tenter d’expliquer comment, pourquoi et dans quelles circonstances j’ai changé de nom.

 J’habite une ile profondément marquée par l’esclavage et ses stigmates. Elle se compose de 90% d’afro-descendants, mais, très peu reconnaissent leur appartenance au peuple africain… Et cela pour plusieurs raisons : pendant l’esclavage , les colons se sont attelés à nous briser mentalement, en nous inculquant le fait que nous ne retournerions jamais en l’Afrique et que nous mourrions très certainement dans les plantations… La division des peuples étaient prônée par le biais des méthodes de Willy Lynch, qui consistaient à opposer l’esclave foncé à celui à la peau claire, l’africain natif à l’esclave créole et vice versa.

 Depuis l’abolition, les dires, les images et les films donnent une image péjorative de l’homme africain, celle d’un homme sauvage non civilisé ou encore cannibale. Cette vision provoque le rejet de leur racine par les afro-descendants. De même, les propagandes impérialistes véhiculées dans les écoles sont un facteur de rejet. On enseigne « nos ancêtres, les gaulois «  aux Antilles, ou plus d’actualité  » Les Roi africains, non civilisés ont vendu leur frères pour des pacotilles « . Ce dernier énoncé est non seulement un facteur de division mais aussi d’animosité.

 Cependant, Le chef de fil de la Négritude Aimé Césaire n’aura de cesse de pousser les Martiniquais (suite…)

Nkosazana Dlamini-Zuma, une divine surprise pour l’Afrique digne, par Théophile Kouamouo

Nkosazana Dlamini-Zuma, une divine surprise pour l’Afrique digne,

par Théophile Kouamouo(*)

Ce fut une compNkosazana Dlamini-Zuma, une divine surprise pour l’Afrique digne, par Théophile Kouamouo dans Histoire Dlamini-Zuma-300x189étition âpre, dure, quasiment sanglante. Et, au final, la candidate qui partait perdante a emporté le morceau. La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma est devenue hier la présidente de la Commission de l’Union africaine, en battant le sortant, le Gabonais Jean Ping, avec 37 voix, soit plus de la majorité des deux-tiers requise. Nous le disons très clairement : cette élection, fruit de la ténacité de la diplomatie du pays de Nelson Mandela, de la solidarité sans faille de l’Afrique australe et du courage d’un nombre grandissant de chefs d’Etat du continent, est une excellente nouvelle.

Il s’agit là de la victoire de l’Afrique digne sur l’Afrique soumise, et sur les réseaux françafricains qui n’ont cessé d’agiter le spectre d’une Afrique du Sud «dominatrice et sûre d’elle», voire impérialiste – argument surprenant de la part de certaines personnalités et pays à l’échine particulièrement souple quand il s’agit de suivre, voire de tenter de précéder, les desiderata de Paris et de Washington. Il faut retourner à la genèse de ce combat singulier pour prendre la mesure de l’enjeu de ce triomphe. C’est bel et bien parce que Tshwane (ex-Pretoria) s’est sentie excédée par l’incapacité de l’administration Ping à dire non aux prétentions occidentales en 2011, lors des aventures impériales de Côte d’Ivoire et de Libye, qu’elle a décidé de mettre toutes ses forces dans la bataille pour le mettre hors d’état de nuire, et se donner les moyens d’un leadership dont l’objectif est très clairement de dire la parole singulière et indépendante d’une Afrique qui veut plus que jamais s’affranchir et assumer sa destinée dans le cadre de la mondialisation. La candidature sud-africaine est née de notre pétrification à tous devant les insensés bombardements sarkoziens sur la Résidence du chef de l’Etat de Côte d’Ivoire et de l’image traumatisante de la dépouille déshonorée d’un Guide libyen vaincu, pas par son peuple, mais par l’OTAN. Le spectaculaire affaiblissement de Ping ces derniers mois est un signe des temps. L’Afrique peut changer. L’Afrique peut oser.

Femme politique compétente, militante crédible

«Quand les temps sont durs, vient le temps des durs». Dans ces temps qui tanguent où les Etats du continent sont menacés d’implosion par l’impérialisme occidental et l’esprit de conquête des islamistes, dans ces temps où Muammar Kadhafi, le mécène fantasque, est mort assassiné par les ennemis de l’Afrique, il faut une personnalité forte et compétente, soutenue par un pays puissant, pour relever nos têtes. Nkosazana Dlamini-Zuma est cette personnalité-là. L’Afrique du Sud est ce pays-là.

L’Afrique du Sud est un pays industrialisé, une figure forte du groupe des pays émergents qui montent sur la scène internationale, les fameux BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – et que le continent ne peut plus ignorer dans un contexte d’affaiblissement inexorable d’un Occident par ailleurs de plus en plus belliqueux. Dlamini-Zuma est à la fois une femme politique compétente et une militante crédible de la cause africaine. Son pedigree parle pour elle. Actuelle ministre de l’Intérieur, elle a remis de l’ordre dans un département particulièrement mal géré, selon de nombreux observateurs. Elle est louée pour sa rigueur et sa capacité à s’entourer de collaborateurs de qualité. Quand elle était ministre des Affaires étrangères sous Thabo Mbeki, elle a été le principal artisan de la «diplomatie tranquille» en direction d’un Zimbabwe que les Occidentaux étaient prêts à déstabiliser pour faire payer à Robert Mugabe sa politique de redistribution des terres. Courageux ! C’est elle qui a cogéré le dossier ivoirien à partir de novembre 2004 et remis sur pied le processus de paix là où la France officielle, alors incarnée par Jacques Chirac, avait juré la perte de Laurent Gbagbo. Nkosazana Dlamini-Zuma est également créditée d’un franc-parler rafraîchissant dans le morne cénacle de la diplomatie continentale. Elle refuse par exemple l’opposition permanente et stérile entre francophones et anglophones. Verbatim : «On applique des programmes convenus par tous, donc on ne consulte pas les anglophones et les francophones. On prend ce qui est décidé collectivement et on l’applique sans crainte et sans faveur. Je ne suis pas anglophone, je suis zouloue».

De nombreux défis à l’horizon

Comme à son habitude, la délégation sud-africaine a manifesté sa joie hier par des pas de danse. Mais la tâche de Dlamini-Zuma sera difficile, et les chausse-trappes seront nombreuses. Il faut à tout prix éviter que l’Union africaine subisse le sort de la Ligue arabe, totalement neutralisée par qui on sait, au point que  le Moyen-Orient est devenu l’arrière-cour de l’OTAN sans que personne ou presque ne s’en offusque. Dlamini-Zuma hérite de plusieurs dossiers particulièrement complexes. Le Mali d’abord. Pris au piège du Grand Jeu, face à une rébellion (le MNLA) soutenue par Paris et par des islamistes armés appuyés par le Qatar, grand allié de l’Occident dans la guerre de remodelage du monde arabe, affaibli par les querelles politiciennes bamakoises, le pays de Soundjata Keïta a besoin d’aide. Mais comment l’aider ? La République démocratique du Congo, ensuite. Qui délivrera ce pays-trésor des «nouveaux prédateurs» qui s’appuient sur le voisin rwandais pour se livrer à leur pillage continu ? Comment prévenir un conflit au Togo en choisissant de faire avancer la cause de la démocratie ? Comment prévenir une nouvelle guerre en Côte d’Ivoire en utilisant les leviers de la diplomatie préventive ? Quelles recettes utiliser en Somalie, inquiétant «no man’s land» ? Comment conjurer le spectre d’une nouvelle «guerre de pauvres» entre les deux Soudans ? Pour réussir, la nouvelle présidente de la Commission aura besoin du soutien continu des Etats à qui elle doit son élection, des Etats qui se rallieront à son panache, mais également des leaders d’opinion continentaux auxquels il faudra expliquer les grands enjeux sans langue de bois. Pour qu’enfin le combat pour l’unité africaine devienne une cause populaire.

Théophile Kouamouo

(*) Source : http://www.nouveaucourrier.info/2012/07/16/dlamini-zuma-une-divine-surprise-pour-lafrique-digne-par-theophile-kouamouo/
© pierreboundit — 17 juillet 2012.

La marche d’Isis aux seins nus, par Shemsou-Hor.

LIBRES OPINIONS – LIBRES OPINIONS – LIBRES OPINIONS.

LA MARCHE D’ISIS AUX SEINS NUS

 

Il n’y a rien de plus précieux dans l’œuvre de la Création que la vie, Ankh. L’importance de la vie est telle que, depuis notre plus profonde antiquité, les Dieux l’ont célébré et les hypostases l’ont chanté. Les prêtres l’ont enseigné et les Rois l’ont porté.

 La vie nous est donnée par Dieu, à travers la femme, notre mère ; la Femme-Mère-Isis. Nos écritures nous enseignent que, la mère-Isis prend une importante place dans cette œuvre telle que, lorsqu’Osiris-Homme perd sa vie, c’est la Femme-Mère qui lui redonne vie.

La Femme-Mère est ainsi, non seulement celle par qui le Créateur transmet la vie, mais aussi, celle qui, par une sorte de magie, redonne vie à toute chose.La marche d'Isis aux seins nus, par Shemsou-Hor. dans Culture Isis-M%C3%A8re-qui-transmet-la-vie-300x225

 La vie est donc un bien précieux puisqu’elle est donnée à nous par Dieu. Quiconque ôte délibérément la vie à autrui, détruit ce que Dieu a permis. Dans la société humaine moderne, l’organisation de la chose publique, la Res Publica, est confiée au Gouvernement par le peuple sous le contrôle de sa représentation, le Parlement.

Le Congo ne déroge pas à cette règle. Le peuple congolais a donc confié à son gouvernement, la gestion de la chose publique. Ce privilège que le peuple accorde à un gouvernement, s’accompagne d’un certain nombre de Droits mais aussi des Devoirs. (suite…)

Livre: est sorti chez L’Harmattan : «L’Autocritique du M22» de Diawara, Ikoko, Bakekolo et Olouka

Livre: est sorti chez L’Harmattan : «L’Autocritique du M22» de Diawara, Ikoko, Bakekolo et Olouka (*)

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A la suite de l’échec du putsch du 22 février 1972, conduit par l’aile gauche du P.c.t (Parti congolais du travail), incarnée par le groupe1 et dirigée par Ange Diawara-Farimaka, une poignée de révolutionnaires rescapés de la répression se replie dans la campagne. Mais auparavant, refugiés chez un coopérant français, à Moungali, les officiers Ange Diawara-Farimaka, Jean Baptiste Ikoko, et les sous-officiers Jean Claude Bakekolo et  Pierre Olouka se penchent sur le passé de la Révolution congolaise. Leurs débats aboutissent à l’élaboration d’un document politique d’importance : «Autocritique M22». C’est Mme Jeanne Atondi  qui en emporte le manuscrit en France. Cependant au Congo, il est diffusé dans les formes les plus sommaires chez les lycéens, étudiants militaires et ouvriers. En France, il est rendu sous forme de brochure par des coopérants français solidaires des luttes du  peuple congolais, dont le Groupe information Congo (le G.i.c). D’autres militants de gauche dont les Trotskystes en font une large diffusion. Ce document demeuré clandestin, apparait désormais au grand jour, 40 ans après, édité par les Éditions L’Harmattan. Il est, de ce fait, disponible.
L’ouvrage comporte un avertissement et une introduction, suivis du corps du document. Ce texte est complété par une chronologie fort brève de l’histoire du Congo et des biographies des auteurs.
Le texte s’ouvre sur la théorie relative à la naissance d’une organisation révolutionnaire. Cette théorie s’inspire de l’histoire, à la lumière des expériences marxistes. L’autocritique éclaire le cheminement du mouvement révolutionnaire congolais, dominé par le fonctionnement de ses composantes : Noumazalaye, Lissouba et Défense civile. La carence des protagonistes, c’est de s’être fourvoyés dans l’appareil politique avec la prétention d’en changer la nature, alors que celui-ci les a broyés et normalisés. L’analyse des auteurs souligne la perpétuation de la domination du Congo par des forces d’exploitation : l’impérialisme, aidé au plan intérieur par la collaboration de l’élite formant la bourgeoisie bureaucratique. Ainsi donc, cet appareil d’État néocolonial est demeuré un instrument d’asservissement au service des intérêts étrangers, et de la paupérisation du peuple. Le sens de la lutte du peuple est celui d’une libération nationale, qui appelle le recours à la violence révolutionnaire, et le noyau guérilla, (celui de Goma Tsé-Tsé) en devient le pilote. «Ce maquis doit être l’embryon d’une organisation armée devant réaliser les objectifs du noyau clandestin et appuyer fermement le front anti impérialiste» (P.75).
Ce dernier concept renvoie à une analyse marxiste, qui accepte dans les rangs des révolutionnaires, les divers éléments de la société, qui ont intérêt au triomphe de la libération du pays.
L’apport  marxiste de Diawara-Farimaka et de ses compagnons est d’avoir, pour la spécificité du Congo-Brazzaville, mis le doigt sur le réel instrument du pouvoir d’État, collaborant avec les forces extérieures pour exploiter le peuple. Il s’agit de l’Obumitri : l’organisation politique, au tour du chef de l’exécutif. Il comprend une poignée d’individus (oligarchie) formés de hauts fonctionnaires, (bureaucratie) et des officiers de la force publique (militaires) appartenant au même espace ethnorégional (tribal).  Le texte appelle à la mobilisation et à l’engagement dans la lutte armée dirigée par le noyau clandestin.
L’autocritique reste d’actualité, en ce qui concerne les forces coalisées qui pillent toujours le Congo, en complicité avec ses propres enfants.
L’autocritique, qui appelait à des contributions, n’a pu, à ma connaissance, enregistrer des suggestions et critiques. C’est le moment de les formuler, car le document d’autocritique reste d’actualité pour l’essentiel. Il est aussi utile de préciser qu’il y a une différence entre les acteurs du 22 février 1972 et les militants de l’autocritique M22. Ces derniers recrutés parmi des lycéens et étudiants, n’ont jamais adhéré au P.c.t, consacrant ainsi leur engagement de rompre d’avec l’entrisme et l’Obumitri. Ils ont adhéré à l’analyse de l’autocritique.
Lecas ATONDI-MONMONDJO

«Autocritique du M22» (Ange Diawara, Jean-Baptiste Ikoko, Jean-Claude Bakekolo, Jean-Pierre Olouka). Editions L’harmattan (2011), Collection Racines du présent. 99 Pages.
 
Note
1-) Nom de l’organisation clandestine de gauche fonctionnant à l’intérieur du P.c.t, conduite, tour à tour, par Matoumpa-Pollo, Ikoko et Diawara. Le groupe est né en octobre 1968 au camp «Les Clairons».

(*) Source : http://www.lasemaineafricaine.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3094:livre-est-sorti-chez-lharmattan–llautocritique-du-m22r-de-diawara-ikoko-bakekolo-et-olouka&catid=4:national&Itemid=3 

© pierreboundit — 12 mars 2012.

22 février 1972 – 22 février 2012 : Il y a 40 ans éclata la rupture au sein du P.C.T : récit de l’événement

22 février 1972 – 22 février 2012 : Il y a 40 ans éclata la rupture au sein du P.C.T : récit de l’événement PDF Imprimer
Samedi, 25 Février 2012 08:49 – Source : La semaine Africaine du Samedi 25 février 2012.
Le Lieutenant Ange Diawara.

22 février 1972. U22 février 1972 – 22 février 2012 : Il y a 40 ans éclata la rupture au sein du P.C.T : récit de l’événement dans Général n_a1n équilibre est rompu au sein du pouvoir, au Congo-Brazzaville. C’est, particulièrement, la grève estudiantine, notamment à Brazzaville et  Pointe-Noire, en novembre 1971, qui en aura été le catalyseur. En effet, dans le pouvoir, les uns accusent les autres d’être les instigateurs des grévistes dans les collèges et les lycées. Les accusés sont considérés comme la gauche, et les accusateurs, la droite. Chacune de ces deux tendances cherchant à éliminer l’autre, c’est l’équilibre droite-gauche qui est rompu, par l’évènement du 22 février 1972. Une rupture qui deviendra  violente et sanglante. Ce jour-là, dans la  matinée, un message radio-diffusé du président Marien Ngouabi, depuis Pointe-Noire où il est arrivé la veille, est coupé. Par la suite, un autre message est entièrement diffusé sur les mêmes ondes de la radio nationale, depuis Brazzaville, qui déclare, en substance : la situation qui prévaut est une action des forces de gauche contre un coup d’Etat du Commandant Jacques Joachim Yhombi Opango, chef d’Etat-major de l’armée et commandant de la zone militaire de Brazzaville. On saura, plus tard, que ce message est lu par le sous-lieutenant Alphonse Mantessa (qui venait d’être exclu  du P.C.T, le parti unique au pouvoir), et écrit par Ambroise Noumazalaye, membre du bureau politique du P.C.T, chargé de la commission du plan. Ensuite, «La Voix de la Révolution Congolaise» n’émet plus. Ses bâtiments sont occupés par les militaires du bataillon d’infanterie. Ils s’en retireront, vers 12h.
Dans l’après midi, à 16h, «La Voix de la Révolution Congolaise» émet à nouveau. Tous les environs sont cernés par plusieurs chars du régiment blindé. Une déclaration du Commandant Yhombi, considéré comme étant de la droite, est radiodiffusée, sur un ton  martial : en résumé, il fustige la mutinerie du bataillon d’infanterie et les officiers félons. Il assure avoir le contrôle de la situation.
Le président Marien Ngouabi est rentré à Brazzaville, après avoir effectué un atterrissage de fortune sur la route nationale n°2, près d’une localité située à environ 45 kms au Nord de la capitale.
Son message, interrompu dans la matinée, passe, entièrement, sur les ondes : il s’étonne de la situation politique qui s’est inopinément créée à Brazzaville, en son absence ; il demande aux uns et aux autres de se garder de faire couler le sang.
En fait, à Brazzaville, après avoir sensibilisé et alerté les militants les plus engagés dans les arrondissements et parmi les lycéens, c’est dans la nuit du 21 au 22 février 1972 que les forces de gauche passent à l’offensive,  sous le leadership du Lieutenant Ange Diawara, ancien chef du corps de la défense civile, membre du bureau politique du comité central du P.C.T,  commandant du bataillon d’infanterie et membre du Haut-commandement de l’armée. Ces forces occupent non seulement la radio nationale, mais contrôlent aussi l’aéroport Maya-Maya. Si elles ont de nombreux partisans au groupement aéroporté, elles n’ont, par contre, pas suffisamment gagné à leur cause, les militaires du régiment blindé. Alors, Ange Diawara, dans la mi-journée de ce 22 février, demande aux militants rassemblés dans les quartiers, de ne pas descendre dans les rues (seuls, n’ayant pas suivi le mot d’ordre, des scolaires mobilisés par l’U.G.E.E.C (Union générale des élèves et étudiants du Congo), à partir du lycée du Drapeau-Rouge, marcheront jusqu’à la radio), et à ses forces militaires de se retirer des lieux qu’elles occupent. Les personnalités, politiquement classées à droite et arrêtées au petit matin, telles que Pierre Nzé, membre du bureau politique chargé de l’organisation, presse et propagande, maître Aloyse Moudiléno-Massengo, ministre de la justice, et Henri Lopès, ministre des affaires étrangères, sont relaxées. Ce jour-là, le feu ne sera jamais ouvert, il n’y aura aucune victime.
Mais, pour la gauche, c’est la défaite. Alors que le plan d’Ange Diawara prévoyait une insurrection populaire ou, à tout le moins, de militants, ce ne sont, finalement, que les militaires qui sont apparus, et l’action a ainsi abouti à un putsch…, un putsch manqué.
Une répression brutale s’ensuit sur tous les militants connus, qu’ils aient ou non été impliqués dans cette action. Plus de mille arrestations à Brazzaville et Pointe-Noire, dont près de 300 personnes auront été détenues. Des tortures et sévices, ainsi que des assassinats sommaires.
Pour cette action du 22 février 1972, l’offensive a été, de toute évidence, précipitée et le repli n’a pas été planifié. La plupart des dirigeants, recherchant un refuge, se sont, facilement, fait arrêter par les forces légales à leurs trousses. Tel est le cas des Sous-lieutenants Camille Bongou, Benoît Moundélé-Ngollo et Benjamin Ndala, de Julien Lecas Atondi-Monmondjo ou Jean Saturnin Malonga. Cependant, Ambroise Noumazalaye, face à l’échec, s’est rendu de lui-même aux autorités en place.
Prosper Matoumpa-Mpolo, Sous-lieutenant, ancien ministre de la jeunesse et ancien préfet  du Kouilou dont le chef-lieu est Pointe-Noire, est le dirigeant de l’action du 22 février dans cette ville, où il sera, sans jugement, assassiné. A Brazzaville, quatre détenus seront, en pleine nuit, enlevés de la maison d’arrêt. Parmi eux, Elie Théophile Itsouhou, membre du comité central et collaborateur de Pierre Nzé, à l’organisation, Franklin Boukaka, animateur culturel et grand compositeur de mélodies agréables et engagées. Direction… cimetière de la Tsiémé ! C’est là que les deux seront, sans aucune forme de procès, assassinés, tandis que les deux autres parviendront à s’échapper.
Ce jour-là même du 22 février, le groupe, composé notamment d’Ange Diawara, du Sous-lieutenant Jean-Baptiste Ikoko, des Sergents Jean-Pierre Olouka et Jean-Claude Bakékolo, échappe aux poursuites et se réfugie à la campagne.
A la suite du putsch manqué, il règne à Brazzaville et Pointe-Noire notamment, une atmosphère de terreur: féroce surveillance policière ; perquisitions par-ci, par-là ; manifestations de colère simulée de la foule où l’on fait crier contre les prisonniers: «Au poteau! Au poteau!». Le 28 février 1972, une cour martiale est créée (ce sont trois militaires jugeant à huis clos), pour 183 détenus. Son verdict est rendu public presqu’un mois plus tard, le 25 mars: 52 condamnations à mort sont prononcées. Fortes pressions diplomatiques des ambassades des pays de l’Europe de l’Est, pressions de l’opinion française et internationale, à tel point que Marien Ngouabi, à l’opposé de la majorité de son comité central, prend seul l’initiative d’annoncer la suspension des exécutions. Un décret présidentiel commue en réclusion criminelle à perpétuité les peines capitales prononcées.
Les détenus seront, en avril, répartis dans les différentes prisons du pays. Le 22 février 1972, la gauche congolaise a gravement échoué.
Pour bon nombre d’analystes, c’est l’étape finale de la liquidation des conquêtes sociales du mouvement né en août 1963. Désormais, en particulier, le culte et la pratique du tribalisme se renforcent davantage dans l’armée, les institutions politiques et économiques, les ministères, les ambassades.

 Auteur : Jean BATANTOU (Bajean)
Pour comprendre davantage la période du 22 février 1972, lire :
- La Semaine Africaine, numéros des années 1971 et 1972
- Marien Ngouabi, «Vers la construction d’une société socialiste en Afrique», Edition Présence Africaine.
- Pierre Eboundit, «Le M 22, Une expérience au Congo, Devoir de mémoire», Éd. Ccinia communication, Paris.
- A. Diawara, JB Ikoko, JC Bakékolo, JP Olouka, «Autocritique du M 22», Ed. L’Harmattan (vient d’être édité).

 

© pierreboundit – 25 février 2012.

22 février 1972, le M22 a 40 ans ! par Obambé Gakosso.

LIBRES OPINIONS – LIBRES OPINIONS – LIBRES OPINIONS

 

22 février 1972, le M22 a 40 ans !

23 02 2012

22 février 1972, le M22 a 40 ans ! par Obambé Gakosso. dans Histoire images3-94x150BIEN QUE 40 ANS SE SOIENT écoulés depuis le Mouvement du 22 février 1972, force est vraiment de constater que ce mouvement est très mal connu des Congolais en particulier, et même des Africains passionnés d’histoire en général. Pourtant, il est un des rares, sinon le seul mouvement politique congolais qui en ce temps-là, avait transcendé les clivages tribaux pour mettre au centre véritablement les questions des Congolais dans leur ensemble, sans la moindre distinction de tribus, de districts, de PCA (Petite commune administrative) et encore moins de région. (suite…)

Charte pour une autre politique africaine de la France.

Charte pour une autre politique africaine de la France

Nous, Citoyens français et Africains vivant en France, attachés au respect de l’égale dignité de tous les peuples, tenons à interpeller les différents candidats à l’élection présidentielle française au sujet de nos rapports avec le continent africain. Notre objectif à travers cette Charte est d’ouvrir un débat public sur autre politique africaine de la France et de placer chacun — candidats et électeurs — devant ses responsabilités. Cette Charte sera soumise aux différents candidats et en tant qu’électeurs notre choix — au moment de déposer notre bulletin dans l’urne — sera guidé par les réponses apportées par les uns et les autres aux engagements affirmés dans cette Charte.

Candidat à la Présidence de la République Française,

conscient que la Françafrique se situe aux antipodes des valeurs affichées par la France,

qu’elle a alimenté et entretenue la corruption, les régimes dictatoriaux ainsi que des guerres fratricides en Afrique;

JE M’ENGAGE :

1. A reformer en profondeur la politique africaine de la France afin de mettre un terme à la Françafrique

2. A œuvrer pour la mise en place d’un contrôle parlementaire et citoyen de la politique africaine de la France

3. A clarifier les prérogatives des différents acteurs impliqués dans les enjeux africains et à mettre un terme au fonctionnement des réseaux opaques et parallèles

4. A soumettre la coopération militaire française au contrôle parlementaire

5. A sortir les relations économiques franco-africaines de toute logique de patrimonialisation

6. A soumettre les entreprises françaises intervenant en Afrique au respect des normes sociales et environnementales

7. A œuvrer à l’instauration de règles commerciales et économiques internationales transparentes et équitables

8. A respecter le droit international, la souveraineté des États africains et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

9. A mettre en œuvre une politique migratoire respectueuse des droits de l’homme

Signataires à l’initiative de la Charte

Denis Pryen, éditeur ; David Gakunzi, écrivain ; Calixte Baniafouna, écrivain ; Arsène Bikoue, chercheur ; Stéphane Hessel, ambassadeur ; Dieudonné Gnammankou, historien; Armelle Riché, Harmattan ; Balufu Kanyinda, cinéaste ; Pierre Eboundit, pharmacien ; Michel Galy, politologue ; Albert Bourgi, Professeur des universités en droit public; Félix Atchadé, médecin ; Sophie Gondolle, enseignante ; Augusta Epanya, écrivain ; Thuy Tiên Ho, cinéaste ; Dominique Bangoura, enseignante ; Paul Sankara, documentaliste ; Dominique Nitoumbi, conseiller municipal — Portet-sur-Garonne; Diogène Senny, entrepreneur-formateur ; Isabelle Zenatti, sociologue ; Doudou Sidibé, enseignant ; Roger Gballou, écrivain ; Muepu Mwamba, écrivain ; Graziella Ruet, actrice ; Mathurin Mingni, président de l’Afda ; Ndendi Ekwalla, économiste urbain; Guy-Charles Tafeb, formateur ; Fréderic Poha , AMCF — jeunesse ; Dédé Oupoh, AMCF — jeunesse ; Obambe Gakosso, journaliste ; Alexis Zahoua, UNG ; Joanes Louis, doctorant ; Mohamed Camara, éditeur ; Amédée Akpane, directeur de projet ; Alain Toussaint, spécialiste communication politique Pamela Kazekare, journaliste; Popo Murigande, musicien ; Mavinga Tsafunenga, écrivain ; Alain Kassanda- Apkass, poète — musicien ; Gratien Rukindikiza, journaliste ; René Lyncée, directeur administratif et financier ; Abel Naki, cri panafricain ; Armelle Chatelier, historienne; Zap Krasso, spécialiste en communication; Ibo kenyatta, bibliothécaire; Evelyne Brener, documentariste; Sophie Ducrez, animatrice ; Daniel Nicolas, informaticien; Yera Dembelé, journaliste

Rejoignez cette initiative en envoyant votre signature à l’adresse email suivante : secretariat@irea-institut.org ou en retournant le coupon-réponse ci-dessous à l’adresse suivante: IREA (Institut de recherche et d’études africaines) 16 rue des écoles, 75005 Paris France

Oui, je rejoins cette initiative et demande aux candidats à la présidentielle 2012 de se prononcer sur les valeurs et engagements affirmés dans la Charte pour une autre politique africaine de la France

Nom _________________________________ Prénom : ______________________

Email :__________________________ Adresse : ___________________________

Code postal :_________________________________ Ville :_________________

Fonction ou organisation :_______________________________________________

SIGNATURE :

Contacts téléphoniques : 0622942990

0674885234

Site Web : www.irea-institut.

 

© pierreboundit – 13 février 2012.

 

Lettre à Laurent Gbagbo par Jacques Owono

Libres opinions – Libres opinions

 

Lettre à Laurent Gbagbo par Jacques Owono

publié le 07/12/2011(*)

« Nous l’avons compris, qu’ils mettent aux avant-postes les nôtres pour mieux nous atteindre et nous confondre : Fatou Bensouda »

M. Le Président,

Dans notre tradition africaine héritée jalousement des Ancêtres, le procès a pour but majeur, sinon exclusif, de restaurer la paix dans la communauté divisée mais aussi dans les cœurs. Un dicton burkinabé dit d’ailleurs à ce propos que la palabre sauve le village. Car, ainsi que le précise aussi un proverbe wolof : « Il n’y a pas deux personnes qui ne s’entendent pas ; il y a seulement deux personnes qui n’ont pas discuté». Madiba Mandela, noble fils de l’Afrique, est resté fidèle à cet enseignement des aînés. « Asseyons-nous et discutons ! », aimiez-vous à répéter à vos adversaires ; « Asseyons-nous et recomptons les voix ! », leur aviez-vous martelé des mois durant. Mais ils ne vous ont pas écouté. Ceci parce qu’un petit nombre prétendument « international » a confisqué la parole, pris la justice en otage au nom des « droits de l’homme ». Mais dans notre Afrique historique et sage, où des mondes, des mentalités et des temps différents se superposent comme l’affirme le savant malien Hampâté Bâ, ils ne peuvent réussir une telle entreprise que par la violence, oubliant que le plus fort, celui qui gagne, le gagneur est peut-être dans l’humanité, celui qui nous amène à la régression. Car la force primaire, la force brute n’est pas primée dans nos sociétés. (Michel Serres). Dans notre tradition africaine donc, M. le Président, un dicton ibo dit « qu’un procès n’exclut personne ». C’est-à-dire que le public n’est pas simplement présent en spectateur muet, il est autorisé à faire entendre son opinion. La mienne sera à travers cette correspondance que je compte établir avec vous; aussi longtemps que durera votre incarcération.

C’est, à travers ma plume, la voix de millions d’Africains du continent : Ivoiriens, Camerounais, Maliens, Sénégalais, Ougandais, Ghanéens, Algériens, Libyens, etc. C’est aussi celle de millions d’autres, Africains de la diaspora et descendants africains vivant dans le monde : Lettre à Laurent Gbagbo par Jacques Owono dans Histoire Dr-Jacques-Owono_1-260x300en France, en Allemagne, en Chine, en Guadeloupe, en Haïti, au Canada, en Australie, etc. C’est enfin celle de tous les combattants de la liberté de toutes confessions religieuses ou obédiences politiques : juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes, athées, socialistes, démocrates, républicains, communistes, etc. Tous nous sommes là, Arc-en-ciel de liberté, défenseurs de notre humanité menacée, symbole de résistance contre l’injustice. Tous nous voulons écrire cette page de notre histoire africaine avec vous; Tous nous voulons marcher avec vous sur les traces de notre humanité.

Dr. Jacques Owono

©Journalducameroun.com

En introduction de son livre, Histoire de France, Pierre Miquel déclare : « Il y a des pays sans histoire. La France n’est pas de ceux-là. » Cette affirmation, de la plume même d’un historien, peut paraître choquante. (suite…)

Vidéo du Micro-trottoir Public : 1er Anniversaire de la LPC-Umoja

Thème : Observations et remarques du Public à l’issue des débats qui ont rythmé le 1er Anniversaire de la Ligue Panafricaine du Congo – Umoja (LPC-U), le 03 juillet 2011 à Paris.

Micro-trottoir Public Vidéo 1 :

http://www.dailymotion.com/video/xl0jui

Micro-trottoir Public Vidéo 2 :

http://www.dailymotion.com/video/xl0jyy

© pierreboundit – sept 2011

Vidéo du 1er Anniversaire de la LPC-Umoja : Contribution de Mme Solange Lemba Goma

Madame Solange LEMBA GOMA, Ingénieur agroéconomiste, conseillère dans la fondation pour les Femmes Africaines, membre du collectif Rio+20- France

Thème d’intervention : Genre et Gouvernance dans le contexte du panafricanisme.

http://www.dailymotion.com/video/xkcbtb

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