Affaire Gbagbo: Frédéric Taddeï torpille la Cour Pénale Internationale (CPI)

 Affaire Gbagbo: Frédéric Taddeï torpille la Cour Pénale Internationale (CPI)*

 

Affaire Gbagbo: Frédéric Taddeï torpille la Cour Pénale Internationale (CPI) dans Général frederic_taddei-300x166Les juges de la Cour pénale internationale de La Haye examinent en ce moment les preuves rassemblées contre Laurent Gbagbo afin de décider s’il y a lieu de poursuivre l’ancien président ivoirien pour crime contre l’humanité. Ne devrions-nous pas en profiter pour examiner de notre côté les preuves accumulées contre la CPI et juger si cette cour mérite, oui ou non, de poursuivre son travail ?
• Depuis sa création, en 2002, dans le cadre du Statut de Rome, la CPI ne s’attaque qu’à des Africains. Racisme ? Impuissance ? Aveuglement ? Chacun peut en déduire ce qu’il veut. Toujours est-il qu’au cours des dix dernières années, selon la CPI, massacres et crimes de guerre ont été, comme par hasard, l’exclusivité de la Côte d’Ivoire, de la Libye, du Darfour, de la Centrafrique, de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda… Le reste du monde ? Rien à signaler. L’Irak et l’Afghanistan ? Cool ! Le Tibet ? La Syrie ? Pas de problème…
• Non contente d’invoquer un soi-disant droit international qui, en réalité, ne s’applique pas de la même manière à tous les Etats puisque des pays comme la Russie, la Chine ou les Etats-Unis n’ont pas signé ou ratifié le Statut de Rome et que les pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU peuvent mettre un veto à la saisine de la CPI, celle-ci ne s’en prend jamais aux vainqueurs, seulement aux vaincus. Prenant exemple sur le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, créé en 1993, qui condamne tous les Serbes lui tombant sous la main et blanchit systématiquement leurs adversaires, qu’ils soient Croates ou Bosniaques, la CPI incrimine ce pauvre Gbagbo, mais se garde bien d’enquêter du côté des partisans d’Alassane Ouattara, soutenus par les grandes puissances. De même avait-elle attendu que Kadhafi soit sur le point de perdre la guerre contre les Français, les Anglais et les Américains pour l’accuser de crime contre l’humanité… Peut-on encore parler de justice quand on se montre à ce point faible avec les forts et fort avec les faibles ?
• D’ailleurs, depuis dix ans, la CPI n’a cessé de dévoyer le concept de crime contre l’humanité. Né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour punir et rendre imprescriptibles des crimes d’une atrocité exceptionnelle, celui-ci se retrouve aujourd’hui confondu avec n’importe quel massacre. Comme si le camp d’extermination d’Auschwitz, le bombardement de Dresde et le massacre de Sétif, c’était la même chose! Comme si une tentative de génocide et la répression d’une manifestation devant la télévision ivoirienne revenaient exactement au même !
Les preuves de forfaiture étant nombreuses et répétées, ne devient-il pas urgent de mettre un terme à cette parodie de justice internationale qui agit comme un instrument de domination supplémentaire au service des pouvoirs en place et finit par déshonorer les 121 pays ayant ratifié le Statut de Rome ?

PAR FRÉDÉRIC TADDEÏ

* Source : http://avicennesy.wordpress.com/2013/02/22/affaire-gbagbo-frederic-taddei-denonce-la-cpi/

© pierreboundit — 24 février 2013.

Nkosazana Dlamini-Zuma, une divine surprise pour l’Afrique digne, par Théophile Kouamouo

Nkosazana Dlamini-Zuma, une divine surprise pour l’Afrique digne,

par Théophile Kouamouo(*)

Ce fut une compNkosazana Dlamini-Zuma, une divine surprise pour l’Afrique digne, par Théophile Kouamouo dans Histoire Dlamini-Zuma-300x189étition âpre, dure, quasiment sanglante. Et, au final, la candidate qui partait perdante a emporté le morceau. La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma est devenue hier la présidente de la Commission de l’Union africaine, en battant le sortant, le Gabonais Jean Ping, avec 37 voix, soit plus de la majorité des deux-tiers requise. Nous le disons très clairement : cette élection, fruit de la ténacité de la diplomatie du pays de Nelson Mandela, de la solidarité sans faille de l’Afrique australe et du courage d’un nombre grandissant de chefs d’Etat du continent, est une excellente nouvelle.

Il s’agit là de la victoire de l’Afrique digne sur l’Afrique soumise, et sur les réseaux françafricains qui n’ont cessé d’agiter le spectre d’une Afrique du Sud «dominatrice et sûre d’elle», voire impérialiste – argument surprenant de la part de certaines personnalités et pays à l’échine particulièrement souple quand il s’agit de suivre, voire de tenter de précéder, les desiderata de Paris et de Washington. Il faut retourner à la genèse de ce combat singulier pour prendre la mesure de l’enjeu de ce triomphe. C’est bel et bien parce que Tshwane (ex-Pretoria) s’est sentie excédée par l’incapacité de l’administration Ping à dire non aux prétentions occidentales en 2011, lors des aventures impériales de Côte d’Ivoire et de Libye, qu’elle a décidé de mettre toutes ses forces dans la bataille pour le mettre hors d’état de nuire, et se donner les moyens d’un leadership dont l’objectif est très clairement de dire la parole singulière et indépendante d’une Afrique qui veut plus que jamais s’affranchir et assumer sa destinée dans le cadre de la mondialisation. La candidature sud-africaine est née de notre pétrification à tous devant les insensés bombardements sarkoziens sur la Résidence du chef de l’Etat de Côte d’Ivoire et de l’image traumatisante de la dépouille déshonorée d’un Guide libyen vaincu, pas par son peuple, mais par l’OTAN. Le spectaculaire affaiblissement de Ping ces derniers mois est un signe des temps. L’Afrique peut changer. L’Afrique peut oser.

Femme politique compétente, militante crédible

«Quand les temps sont durs, vient le temps des durs». Dans ces temps qui tanguent où les Etats du continent sont menacés d’implosion par l’impérialisme occidental et l’esprit de conquête des islamistes, dans ces temps où Muammar Kadhafi, le mécène fantasque, est mort assassiné par les ennemis de l’Afrique, il faut une personnalité forte et compétente, soutenue par un pays puissant, pour relever nos têtes. Nkosazana Dlamini-Zuma est cette personnalité-là. L’Afrique du Sud est ce pays-là.

L’Afrique du Sud est un pays industrialisé, une figure forte du groupe des pays émergents qui montent sur la scène internationale, les fameux BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – et que le continent ne peut plus ignorer dans un contexte d’affaiblissement inexorable d’un Occident par ailleurs de plus en plus belliqueux. Dlamini-Zuma est à la fois une femme politique compétente et une militante crédible de la cause africaine. Son pedigree parle pour elle. Actuelle ministre de l’Intérieur, elle a remis de l’ordre dans un département particulièrement mal géré, selon de nombreux observateurs. Elle est louée pour sa rigueur et sa capacité à s’entourer de collaborateurs de qualité. Quand elle était ministre des Affaires étrangères sous Thabo Mbeki, elle a été le principal artisan de la «diplomatie tranquille» en direction d’un Zimbabwe que les Occidentaux étaient prêts à déstabiliser pour faire payer à Robert Mugabe sa politique de redistribution des terres. Courageux ! C’est elle qui a cogéré le dossier ivoirien à partir de novembre 2004 et remis sur pied le processus de paix là où la France officielle, alors incarnée par Jacques Chirac, avait juré la perte de Laurent Gbagbo. Nkosazana Dlamini-Zuma est également créditée d’un franc-parler rafraîchissant dans le morne cénacle de la diplomatie continentale. Elle refuse par exemple l’opposition permanente et stérile entre francophones et anglophones. Verbatim : «On applique des programmes convenus par tous, donc on ne consulte pas les anglophones et les francophones. On prend ce qui est décidé collectivement et on l’applique sans crainte et sans faveur. Je ne suis pas anglophone, je suis zouloue».

De nombreux défis à l’horizon

Comme à son habitude, la délégation sud-africaine a manifesté sa joie hier par des pas de danse. Mais la tâche de Dlamini-Zuma sera difficile, et les chausse-trappes seront nombreuses. Il faut à tout prix éviter que l’Union africaine subisse le sort de la Ligue arabe, totalement neutralisée par qui on sait, au point que  le Moyen-Orient est devenu l’arrière-cour de l’OTAN sans que personne ou presque ne s’en offusque. Dlamini-Zuma hérite de plusieurs dossiers particulièrement complexes. Le Mali d’abord. Pris au piège du Grand Jeu, face à une rébellion (le MNLA) soutenue par Paris et par des islamistes armés appuyés par le Qatar, grand allié de l’Occident dans la guerre de remodelage du monde arabe, affaibli par les querelles politiciennes bamakoises, le pays de Soundjata Keïta a besoin d’aide. Mais comment l’aider ? La République démocratique du Congo, ensuite. Qui délivrera ce pays-trésor des «nouveaux prédateurs» qui s’appuient sur le voisin rwandais pour se livrer à leur pillage continu ? Comment prévenir un conflit au Togo en choisissant de faire avancer la cause de la démocratie ? Comment prévenir une nouvelle guerre en Côte d’Ivoire en utilisant les leviers de la diplomatie préventive ? Quelles recettes utiliser en Somalie, inquiétant «no man’s land» ? Comment conjurer le spectre d’une nouvelle «guerre de pauvres» entre les deux Soudans ? Pour réussir, la nouvelle présidente de la Commission aura besoin du soutien continu des Etats à qui elle doit son élection, des Etats qui se rallieront à son panache, mais également des leaders d’opinion continentaux auxquels il faudra expliquer les grands enjeux sans langue de bois. Pour qu’enfin le combat pour l’unité africaine devienne une cause populaire.

Théophile Kouamouo

(*) Source : http://www.nouveaucourrier.info/2012/07/16/dlamini-zuma-une-divine-surprise-pour-lafrique-digne-par-theophile-kouamouo/
© pierreboundit — 17 juillet 2012.

Le chat à neuf queues |
Blog de Jean-Louis Simon |
ATTAC Burkina Faso |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les délibérations du Consei...
| The meilleur of l 'actualit...
| jaime ma France